Mal de dos chronique : le cannabis thérapeutique pourrait être une solution

Le mal de dos, première source d’incapacité au niveau mondial, touche chaque année des millions de personnes en France. Bien que la majorité des épisodes de douleur se résolvent en quelques semaines, environ 7 à 10 % évoluent vers une forme chronique, affectant gravement la qualité de vie et la vie professionnelle.

C’est dans ce contexte que l’essai VER-01 se distingue en proposant une solution non opioïde, élaborée selon une méthodologie rigoureuse.

Le cannabis comme traitement des douleurs dorsales

Cette étude a impliqué 820 adultes souffrant de lombalgie chronique. Sur une durée de douze semaines, une partie des participants a reçu l’extrait de cannabis VER-01, tandis que l’autre a reçu un placebo. Les résultats montrent une réduction de la douleur moyenne de 1,9 point pour le groupe VER-01, contre 1,4 point pour ceux sous placebo. Bien que l’écart de −0,6 point puisse sembler faible, il est cependant statistiquement significatif.

Mal de dos chronique le cannabis thérapeutique

Lors de la prolongation de l’étude sur six mois, la diminution de la douleur s’est accentuée, atteignant presque −3 points par rapport à la valeur initiale, avec une persistance dans le temps. Notamment, les patients présentant des douleurs neuropathiques ont bénéficié d’une amélioration encore plus marquée.

L’étude a également analysé d’autres aspects que la douleur. Les chercheurs ont noté des améliorations dans la qualité du sommeil ainsi que dans la capacité fonctionnelle. De plus, lors de l’arrêt du traitement, la douleur s’est intensifiée chez les participants ayant reçu le placebo, contrairement à ceux continuant le VER-01, renforçant l’idée d’un effet tangible du médicament.

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Qu’est-ce que le cannabis VER-01 ?

Le produit évalué, dénommé VER-01, est un extrait de cannabis développé spécifiquement comme médicament. Il provient d’une souche brevetée de Cannabis sativa et contient 5 % de THC, le principal composé actif reconnu du cannabis. Chaque dose équivaut à environ 2,5 mg de THC, accompagnée de petites quantités d’autres cannabinoïdes et de composés aromatiques naturels présents dans la plante.

Le traitement est ajusté progressivement en fonction de la tolérance des patients, pouvant atteindre une dizaine de doses par jour. Contrairement aux formes fumées de cannabis ou aux mélanges artisanaux, VER-01 est un produit standardisé, contrôlé et destiné exclusivement à un usage médical.

Y-a-t-il des effets secondaires ?

Comme tout analgésique agissant sur le système nerveux, VER-01 peut entraîner des effets indésirables. Ceux-ci se manifestent plus fréquemment que sous placebo (83,3 % contre 67,3 %), mais restent généralement légers à modérés et de courte durée. Les effets les plus souvent rapportés incluent des vertiges, de la somnolence, des nausées, de la fatigue et une sensation de bouche sèche.

Au cours de la phase en double aveugle, 17,3 % des participants sous VER-01 ont cessé le traitement en raison d’effets indésirables (contre 3,5 % pour le placebo). Il convient de noter qu’aucun signe de dépendance, d’abus ou de sevrage n’a été relevé lors des évaluations.

Est-il possible de l’utiliser en France ?

En 2021, la France a initié une expérimentation concernant le cannabis médical. Les nouvelles inclusions ont été suspendues en mars 2024, et l’expérimentation a pris fin officiellement le 31 décembre 2024. Pour garantir la continuité des traitements, une phase de transition a été instaurée, permettant aux patients déjà intégrés de continuer à recevoir leurs traitements jusqu’au 31 mars 2026.

Depuis mars 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) évalue les médicaments à base de cannabis approuvés par l’ANSM. Son évaluation sera cruciale pour déterminer si ces produits pourront être intégrés dans le système de santé et remboursés par l’Assurance maladie. À ce jour, seules quelques indications graves bénéficient d’une couverture en France :

  • douleurs neuropathiques réfractaires,
  • certaines formes d’épilepsie,
  • spasticité liée à la sclérose en plaques,
  • soins palliatifs,
  • oncologie.

La lombalgie chronique n’est pas incluse dans cette liste. L’étude internationale publiée dans Nature Medicine pourrait influencer le débat, mais aucune décision n’a encore été rendue.

En France, il est souligné que les recommandations pour le traitement des lombalgies reposent sur des approches non médicamenteuses : éducation, reprise d’activités physiques, réassurance et prise en charge pluridisciplinaire en cas de douleur persistante. Les options médicamenteuses (en particulier les AINS à court terme) présentent leurs limites, et les opioïdes sont de moins en moins conseillés à long terme en raison de la tolérance et des risques d’addiction.

Dans ce contexte, un analgésique non opioïde avec un haut niveau de preuve est une avancée encourageante, bien qu’il ne puisse pas être considéré comme une solution miracle. La sélection des patients, la tolérance individuelle et la durée d’utilisation resteront des points cruciaux dans la pratique clinique.