Vers une société sans alcool : les enjeux et implications réelles

Un univers dépourvu d’alcool pourrait avoir un impact radical sur la société, tant en matière de santé que de sécurité.

Examinons d’abord les répercussions d’une élimination complète des boissons alcoolisées sur la mortalité et l’espérance de vie en bonne santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2019, l’alcool était responsable de 2,6 millions de décès par an à l’échelle mondiale, représentant 5 % de la mortalité globale. Les jeunes adultes, en particulier ceux de 20 à 39 ans, sont les plus affectés, avec 13 % de leurs décès attribués à l’usage d’alcool.

Dans l’Hexagone, l’alcool est lié à 41 000 décès annuels, dont 16 000 dus à des cancers, 9 000 à des maladies cardiovasculaires et 6 800 à des pathologies digestives. Une recherche publiée dans la revue scientifique The Lancet en 2018 révèle qu’il n’existe pas de niveau de consommation sans risque : même un verre quotidien peut entraîner une diminution des années de vie en bonne santé.

Moins de jeunes victimes de l’alcool

L’alcool est la principale cause évitable de mortalité parmi les jeunes de moins de trente ans, avec près d’un décès sur cinq chez les hommes de 25 à 29 ans attribuable à cette substance. Avant 40 ans, les accidents et les suicides sont les principales causes de décès, alors qu’après cet âge, les maladies chroniques comme la cirrhose deviennent prédominantes. Ainsi, l’élimination de l’alcool pourrait contribuer directement à la réduction de la mortalité prématurée.

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Baisse des accidents de la route et des suicides

Un monde sans alcool entraînerait également une réduction notable des accidents de la route.

En 2024, l’alcool était impliqué dans près de 25 % des accidents mortels en France. En outre, les infractions liées à l’alcool, surtout la conduite en état d’ébriété, constituaient environ un tiers des condamnations en matière de circulation, avec 87 900 condamnations en 2019. La complexité de ces affaires a conduit les tribunaux à instaurer des procédures simplifiées pour alléger le système judiciaire, témoignant ainsi de leur fréquence dans le contentieux pénal.

Diminution des maladies et décongestionnement des services d’urgence

Si l’on se débarrassait de l’alcool, les services d’urgence seraient considérablement moins encombrés.

Des recherches en France estiment qu’environ 30 % des consultations aux urgences sont liées à la consommation d’alcool. On peut aisément envisager les progrès qui en découleraient, compte tenu des défis actuels auxquels ces services font face.

Moins de violences, de féminicides…

L’alcool est fortement associé à la violence, et de nombreuses affaires judiciaires en résultent.

Une analyse des données recueillies auprès de plus de 66 000 étudiants en France indique que l’alcool est un facteur déterminant des violences sexistes et sexuelles dans le milieu universitaire, plus de la moitié des cas ayant impliqué une consommation d’alcool.

Changer nos relations sociales

Il est évident, comme nous l’avons établi, que toute consommation d’alcool, peu importe la quantité, ne contribue pas à une meilleure santé. D’un point de vue médical, sa suppression apporterait uniquement des bénéfices. Cependant, cela nécessiterait une réévaluation des pratiques culturelles et économiques. Il serait indispensable de développer de nouvelles manière de consommer, telles que des cocktails sans alcool ou d’autres boissons fermentées exemptes d’éthanol.

Vers une société sans alcool

Certaines alternatives à l’alcool font l’objet de recherches, notamment le développement de molécules de synthèse qui reproduiraient les effets désinhibiteurs de l’alcool tout en évitant ses conséquences néfastes sur le métabolisme.

Il convient de noter que les participants au Dry January ont économisé en moyenne 85,2 € lors de la campagne de 2024.

Sur le plan de la santé, divers indicateurs physiologiques se sont également améliorés. Les avantages d’un arrêt de l’alcool incluent une diminution du risque de résistance à l’insuline, une meilleure élasticité hépatique, une régulation optimale de la glycémie, une amélioration du cholestérol sanguin, une réduction de la pression artérielle et même une diminution des marqueurs sanguins liés au cancer. D’un point de vue cognitif, des améliorations en concentration et en performance professionnelle ont été rapportées.