Paul Watson à la Fête de l’Humanité : un accueil compliqué pour des raisons inattendues

Un incident a eu lieu lors de la fête de l’Humanité, où un débat a été interrompu par des manifestants.

Des tensions ont émergé à la fête de l’Humanité, non pas en raison de la présence de personnalités politiques de droite. Le défenseur de l’environnement Paul Watson, à l’origine de l’ONG Sea Shepherd, était présent sur la scène de l’Agora pour discuter de l’immigration le 13 septembre, mais des militants ont tenté de faire obstacle aux échanges.

paul watson

L’immigration : un sujet délicat ?

D’après l’Humanité, un groupe d’une trentaine de personnes a hué et scandé « Tout le monde déteste Paul Watson », un événement jugé « rare » par le média, qui souligne que même en présence de ministres de droite ou de représentants du patronat, ces derniers ont pu s’exprimer librement. En revanche, le cas de Paul Watson semble susciter davantage de controverses.

Plusieurs groupes écologistes, y compris Youth for Climate Paris, ont appelé à l’annulation de sa participation, considérant le militant comme un « écofasciste ». Ce terme désigne une certaine forme d’écologie d’extrême droite, où « la protection de l’environnement est utilisée comme justification pour des politiques racistes et autoritaires », précise l’article de Reporterre.

« Je ne crois pas aux frontières. Je n’y ai jamais cru »

Ainsi, Paul Watson fait l’objet d’accusations le liant à des individus ou des groupes perçus comme racistes et classistes, défendant une « immigration choisie ». Il est également critiqué pour ses liens avec Dave Foreman, du mouvement Earth First, qui déclare combattre « l’immigration et la surpopulation aux États-Unis », particulièrement « celle des personnes racisées », qu’il considère comme « la cause de la crise écologique », d’après un article de Courrier International  datant de 2004.

« Cette question de l’immigration a été complètement déformée. Je ne suis pas anti-immigration : je ne crois pas aux frontières. Je n’y ai jamais cru », a-t-il affirmé sur la scène de l’Agora. « Je ne crois ni aux frontières ni aux nationalités. Tout être humain devrait avoir le droit de voyager et de travailler partout sur cette planète », a-t-il ajouté, tout en préconisant une limitation des mouvements migratoires, car « Une immigration illimitée, c’est l’assurance d’une main-d’œuvre exploitée dans les champs, les hôtels, les restaurants. »

Paul Watson a réitéré samedi qu’il « ne partage pas les opinions de l’extrême droite », mais cela n’a pas suffi à apaiser ses opposants qui ont scandé « Siamo tutti antifascisti » en interrompant son discours. Les membres du service de sécurité ont finalement dû intervenir pour les éloigner.