Violette Spillebout interpellée par son groupe à propos de son vote contre François Bayrou
La députée macroniste Violette Spillebout doit justifier son abstention lors du vote de confiance à François Bayrou, contre la ligne de son groupe.
Selon Le Monde et La Voix du Nord, Violette Spillebout, membre d’Ensemble pour la République, a été convoquée le mardi 16 septembre par le bureau de son groupe, suite à son abstention lors du vote de confiance au Premier ministre François Bayrou.
Un vote de confiance qui cristallise la relation
Le 8 septembre dernier, cette députée macroniste a choisi de s’opposer à son parti en ne soutenant pas François Bayrou. Elle a justifié sa décision par les commentaires qu’il a faits concernant l’affaire Bétharram durant son intervention dans l’émission C à Vous. Elle a exprimé être « profondément choquée qu’il n’ait pas eu un mot pour les victimes de violences (…) et qu’il ait nié avec tant de mépris la qualité du travail transpartisan de la commission » d’enquête sur l’affaire Bétharram, dont elle a été co-rapporteure avec Paul Vannier, député insoumis.
Bien qu’elle n’ait pas voté contre, son abstention a été remarquée au milieu des votes cohérents de ses 160 collègues, qui, malgré leurs désaccords avec certaines orientations budgétaires de François Bayrou, l’ont soutenu, sans pouvoir empêcher sa chute.
Violette Spillebout a donc été invitée à « s’expliquer sur son choix de ne pas suivre la consigne du groupe », comme l’a rapporté l’entourage de Gabriel Attal, cité par le quotidien. Contactée, elle a choisi de ne pas commenter.
Des tensions avec le MoDem
Les tensions entre la députée EPR du Nord et le MoDem se sont intensifiées dès sa nomination comme co-rapporteure de la commission d’enquête sur l’affaire Bétharram. Après que le Premier ministre a dénoncé son « instrumentalisation », des membres de son parti ont tenté de « déstabiliser » sa candidature aux élections municipales à Lille, selon les informations rapportées par Mediapart. En 2020, Violette Spillebout, déjà candidate, avait recueilli 19 % des voix.
Malgré cette convocation, l’élue proche de Gérald Darmanin continue de bénéficier du soutien de son camp pour les municipales. Ce soutien ne devrait pas être remis en cause, selon des sources internes citées par Le Monde. Une exclusion du groupe ne semble pas envisagée, mais plutôt un rappel à l’ordre, qui pourrait se traduire par une sanction intermédiaire ou un simple blâme symbolique, précise le journal.