Visite de Zelensky : quels impacts concrets sur l’aide militaire ?
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, poursuit sa tournée européenne en France pour renforcer le soutien militaire face à la menace russe.
Ce lundi 17 novembre 2025, le chef de l’État ukrainien se rend à Paris pour une neuvième visite, visant à « réaffirmer l’engagement de la France aux côtés de l’Ukraine sur le long terme », selon le communiqué émis par l’Élysée. Ce déplacement intervient dans un contexte particulier pour l’Ukraine, qui endure l’agression russe depuis près de quatre ans. D’après les services de renseignement ukrainiens, la Russie envisage d’accroître bientôt son répertoire de bombes planantes, peu coûteuses mais dévastatrices, capables de parcourir jusqu’à 400 km.
« Une plus grande détermination de nos partenaires »
En réponse à cette menace, et alors que des attaques russes à Kiev ont causé sept décès le week-end dernier, Zelensky a renouvelé, le samedi 15 novembre 2025, sa demande d’un soutien accru de ses alliés (il était en Grèce dimanche et se rendra en Espagne après son passage en France) pour obtenir davantage de systèmes de défense aérienne. « L’Ukraine a besoin de soutien pour sauver des vies : davantage de systèmes de défense aérienne, des capacités de protection renforcées et une plus grande détermination de la part de nos partenaires », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Avion Rafale, missile et radar
Il est probable qu’il réitère ces arguments lors de son entretien à Paris, qui sera axé sur la lutte contre les drones. Accueilli à partir de 9 h 30 par Emmanuel Macron, il rencontrera des industriels français de la défense qui lui présenteront l’avion Rafale ainsi que son armement, le SAMP/T NG accompagné du missile Aster 30 B1NT (un dispositif de défense sol-air), le Radar GF 300 (facilement transportable) et divers systèmes de drones. D’après le programme de l’Élysée, cette rencontre devrait aboutir à la signature d’une lettre d’intention, ainsi qu’à de nouvelles aides ou à des programmes de coopération.

« Nous travaillons à la livraison de plusieurs systèmes de défense aérienne, au renforcement de notre aviation », avait déclaré Volodymyr Zelensky dans une vidéo diffusée vendredi, ajoutant « un accord majeur est en préparation avec la France ».
Préparer l’après-conflit
Cette visite a également pour but de « entretenir la dynamique du travail engagé sur la question des garanties de sécurité dans le cadre de la Coalition des Volontaires, dont la dernière réunion a eu lieu le 24 octobre 2025 ».
Ce quartier général, réunissant 35 nations dont l’Ukraine, est chargé de réfléchir à l’après-conflit, en prévision d’un éventuel cessez-le-feu avec la Russie. Au cours de cette journée en France, Volodymyr Zelensky se rendra au Quartier général de la Force multinationale Ukraine, dirigée conjointement par la France et le Royaume-Uni, qui est établi en France depuis juillet dernier pour une durée d’un an, avant de se déplacer à Londres.
Un autre enjeu : l’énergie
Des discussions sont programmées entre les deux présidents, « sur les enjeux de coopération bilatérale, notamment dans les domaines énergétique, économique et de défense », où la ratification d’accords est également envisagée. Dimanche, le président ukrainien a rencontré le Premier ministre grec en Grèce pour discuter de l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié américain, alors que l’hiver approche et que les infrastructures gazières ukrainiennes, touchées par la Russie, ont perdu 60 % de leur capacité de production. Le président ukrainien poursuivra ensuite son voyage en Espagne.
Alors qu’il se trouve à Paris ce lundi, après son passage en Grèce la veille et un séjour prévu à Madrid mardi, Zelensky cherche à rassurer ses alliés européens, d’autant plus que deux de ses ministres ont récemment démissionné à la suite d’une affaire touchant également l’un de ses proches. Sur le terrain, la Russie semble sur le point de s’emparer de la ville stratégique de Pokrovsk.
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L’Élysée demande de la transparence
Les révélations actuelles pourraient fournir des arguments aux responsables politiques européens qui appellent à un cessez-le-feu et/ou à un rejet de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, les négociations à ce sujet étant bloquées par la Hongrie.
Le gouvernement français promet de continuer à fournir un soutien militaire, malgré des marges budgétaires étroites, mais les questions de corruption en cours devraient être abordées durant la visite de Zelensky aujourd’hui.