L’échec du métavers : Meta arrête les frais après 70 milliards d’investissements

La décision récente de Meta de réduire ses effectifs marque un tournant significatif dans sa stratégie.

Meta a annoncé qu’elle se sépare de 10 % de ses effectifs au sein de sa branche dédiée à la réalité virtuelle. Le géant américain met fin à ses ambitions liées au monde persistant pour se tourner vers des produits ayant enfin du succès : les lunettes connectées.

Le virage audacieux de Meta vers un univers virtuel et le métavers, qui promettait des réunions en avatars sans jambes, vient de rencontrer une réalité économique difficile. Mark Zuckerberg a pris une décision ferme : la division Reality Labs va se délester de 1 000 employés, ce qui représente environ 10 % de son personnel.

Mark Zuckerberg échec du métavers

L’entreprise redirige ses investissements colossaux vers les objets connectés et l’intelligence artificielle. La période du « Métavers » est révolue. À présent, la stratégie est dictée par le mobile et les lunettes. Andrew Bosworth, le responsable technique de Meta, l’a souligné dans un e-mail interne : l’objectif est d’avoir une structure plus souple, entendons par là moins onéreuse.

Les pertes financières sont alarmantes. On évoque des 70 milliards de dollars de déficits cumulés pour Reality Labs depuis sa création, un montant presque équivalent au coût d’acquisition d’Activision-Blizzard par Microsoft. Tout cela pour des casques Meta Quest qui peinent à se faire une place et un avenir virtuel qui paraît désolé.

Les coupes ne s’arrêtent pas là. Meta a également décidé de fermer ses propres studios de développement de jeux. Sanzaru Games, connu pour le jeu Asgard’s Wrath, ainsi que Twisted Pixel et Armature Studio, cessent leurs activités.

Même l’application de fitness Supernatural, acquise à un prix élevé suite à un litige contre la FTC, est mise en pause : bien qu’elle reste active, le développement de nouvelles fonctions est totalement arrêté.

Lire en complément: Endettement record dans l’IA : un signal d’alerte pour l’économie mondiale ?

Ray-Ban Meta : une solution inattendue

Le défi ? Personne ne souhaite porter un casque sur le visage en permanence. En revanche, les gens savent bien utiliser des lunettes de soleil. Le succès des Ray-Ban Meta a constitué un tournant. La demande est si élevée que Meta a même décidé de retarder le lancement mondial du modèle Display afin de se concentrer sur le marché américain.

Mark Zuckerberg ne cherche plus à bâtir un univers alternatif, il souhaite équiper vos yeux dans la réalité. Son objectif est de produire 20 millions d’unités cette année, et même 30 millions si la demande le permet. Pour cela, Meta collabore étroitement avec EssilorLuxottica pour augmenter les capacités de production.

L’intelligence artificielle joue un rôle clé dans cette transformation. Les lunettes ne sont plus de simples accessoires pour capturer des souvenirs, elles deviennent le support physique des innovations en IA de Meta. C’est ici que se déroule la compétition contre Apple et Google. Le métavers, quant à lui, est désormais mis de côté, considéré comme une expérimentation coûteuse qui a duré un peu trop longtemps.

Le Meta Quest 3 pourrait voir son prix augmenter

Abordons maintenant le matériel que vous possédez déjà ou que vous envisagez d’acheter. Si vous réfléchissiez à l’achat d’un Meta Quest 3, ne tardez pas trop. Malgré la réorganisation, le casque reste disponible, mais l’entreprise envisage déjà une augmentation de prix. L’objectif est de « garantir la pérennité » d’une division qui ne peut plus se permettre de vendre à perte.