Les États-Unis relancent leur fonderie d’aluminium : un tournant stratégique face à la Chine en 2026

L’annonce marque un tournant important dans l’industrie de l’aluminium aux États-Unis.

Un investissement inédit depuis 40 ans !

La société américaine Century Aluminum a récemment révélé son projet d’ériger à Inola, dans l’Oklahoma, la première fonderie d’aluminium primaire à voir le jour aux États-Unis depuis plus de quatre décennies. Cette installation est prévue pour atteindre une production annuelle de 500 000 tonnes. C’est un véritable retour à la production pour une nation qui, à son sommet, comptait 33 fonderies et produisait plus de 5 millions de tonnes par an !

Actuellement, il ne subsiste que quatre sites opérationnels, générant environ 670 000 tonnes par an, alors que les importations ont atteint 5,46 millions de tonnes en 2024.

La fonderie d’Inola sera également dotée d’une ligne de production capable de fournir 20 000 tonnes d’aluminium de haute pureté, destiné à des usages dans le domaine de la défense. Ce développement devrait quasiment doubler les capacités de production d’aluminium d’un pays qui aspire à regagner un rôle clé dans la compétition pour les matériaux stratégiques.

Les États-Unis s’apprêtent donc à mettre en service une nouvelle fonderie d’aluminium d’une capacité de 500 000 tonnes par an.

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L’aluminium est omniprésent !

L’aluminium ne se limite pas à l’emballage de vos sandwiches pour le pique-nique ! Ce métal possède des caractéristiques remarquables : il est extrêmement léger comparé à l’acier, résiste à la corrosion et conduit l’électricité presque aussi efficacement que le cuivre, tout en étant beaucoup moins lourd. Par conséquent, on le retrouve dans de nombreux secteurs industriels.

Jetez un œil autour de vous : dans la structure d’un aéronef, le châssis d’un véhicule électrique, les lignes à haute tension, et même dans les cadres de fenêtres.

Ce métal joue un rôle essentiel dans la transition énergétique en allégeant les batteries, il est présent dans les éoliennes et sert à acheminer l’électricité… En résumé, il est devenu l’un des métaux les plus stratégiques du XXIe siècle.

Comprendre le fonctionnement d’une fonderie primaire

La production d’aluminium primaire consiste à extraire le métal pur de son minerai, l’alumine. Le procédé utilisé est l’électrolyse Hall-Héroult.

Dans ce processus, l’alumine est dissoute dans un bain porté à environ 980 °C. Un courant électrique est ensuite appliqué à la cuve. Grâce à cette énergie, l’oxygène se dissocie de l’aluminium, et le métal liquide, ayant une densité plus élevée, descend au fond de la cellule électrolytique, où il est siphonné, purifié et transformé en alliages.

On peut visualiser ces cuves alignées comme de gigantesques wagons métalliques, chacune consommant une quantité significative d’électricité. Une fonderie capable de produire 500 000 tonnes par an nécessite des térawattheures d’énergie.

grappe de fonderie

C’est précisément cette dépendance à l’énergie qui a conduit à la fermeture progressive des usines américaines face à des concurrents bénéficiant d’électricité hydraulique abondante ou de gaz à bas prix.

Un investissement massif soutenu par l’État

Le projet d’Inola s’inscrit dans une initiative de relocalisation industrielle mise en œuvre aux États-Unis. L’Office of Clean Energy Demonstrations a accordé environ 460 millions d’euros pour appuyer la construction.

Le coût total du projet dépasse 920 millions d’euros, Emirates Global Aluminium collaborera au financement à travers une coentreprise, illustrant ainsi que même une relance nationale peut s’appuyer sur des partenaires internationaux.

Une production mondiale concentrée entre quelques mains en 2024

En 2024, la production mondiale d’aluminium primaire a atteint 64,8 millions de tonnes, enregistrant une hausse de 3,5 % par rapport à l’année précédente.

Comme souvent dans le secteur des métaux stratégiques, la Chine se distingue en produisant à elle seule environ 43 millions de tonnes, représentant environ 66,3 % de la capacité mondiale.

Défense, indépendance et recyclage

Les États-Unis consomment beaucoup d’aluminium, mais possèdent peu de bauxite. La stratégie ne consiste pas à extraire davantage de minerai sur le sol américain, mais plutôt à maîtriser les processus de transformation locaux et à renforcer le recyclage.

La nouvelle fonderie d’Inola s’inscrit clairement dans cette démarche, afin de permettre aux États-Unis d’accroître leur souveraineté sur ce métal omniprésent.