Trump lance un ultimatum à Poutine : “Je veux qu’il mette fin à cette guerre” alors que les pourparlers reprennent à Abu Dhabi
Les pourparlers entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis se poursuivent à Abou Dhabi dans un contexte de tensions persistantes suite à des attaques récentes.
Des bombardements russes de grande ampleur ont visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes. En réaction, le président américain Donald Trump a affirmé mardi son souhait que Vladimir Poutine « mette fin à la guerre », évoquant les frappes qui ont particulièrement affecté Kiev après un bref répit.
Emmanuel Macron a indiqué que le dialogue avec Poutine « en train de se préparer »
Ces frappes, qui ont mobilisé de nombreux drones et missiles, ont entraîné de nouvelles coupures de chauffage et d’électricité dans la capitale et d’autres grandes villes ukrainiennes alors que les températures nocturnes plongent jusqu’à -20 °C.
Les enjeux territoriaux dans le conflit Ukraine-Russie
Les délégations russes, ukrainiennes et américaines s’étaient déjà réunies aux Émirats arabes unis fin janvier pour examiner un plan proposé par Washington visant à mettre un terme au conflit.
Déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, cette guerre a engendré le plus grave affrontement militaire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, causant la mort de dizaines de milliers, voire de centaines de milliers de personnes, et générant des millions de réfugiés.
Le principal point de friction réside dans les territoires : un retrait des forces russes des zones non revendiquées pourrait résoudre la situation, mais Moscou exige, dans un retournement de situation déstabilisant, que les troupes ukrainiennes se retirent des régions encore sous leur contrôle dans le Donetsk. L’Ukraine rejette cette demande, craignant que Washington ne privilégie Moscou, comme cela a pu être le cas par le passé.
Cette région industrielle et minière à l’est de l’Ukraine, que Moscou souhaite annexer, est au cœur des combats et abrite les défenses ukrainiennes les plus robustes contre les attaques russes. De son côté, Kiev aspire à un cessez-le-feu le long de la ligne de front actuelle et à un gel des hostilités, ce qui offrirait une pause bienvenue après des mois de conflit dévastateur.
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Witkoff, un allié de Trump, toujours en place
Ce nouveau cycle de négociations est prévu pour mercredi et jeudi, suite à un report causé par des problèmes de calendrier mentionnés par le Kremlin. La délégation ukrainienne est dirigée par Roustem Oumerov, le président du Conseil de sécurité nationale et ancien ministre de la Défense, reconnu pour ses talents diplomatiques.
Trump défend Witkoff, son négociateur souvent critiqué pour son écoute attentive des préoccupations russes.
La délégation comprend également Kyrylo Boudanov, le nouveau responsable de l’administration présidentielle et ancien chef du renseignement militaire ukrainien, dont la présence, selon des sources ukrainiennes, a favorisé des échanges plus productifs. Du côté russe, Igor Kostioukov, responsable du renseignement militaire et ancien officier de marine sous sanctions occidentales à cause de son rôle dans l’invasion, est le négociateur principal. Lors des précédents pourparlers, l’équipe américaine était dirigée par Steve Witkoff, ce qui devrait se reproduire.
La Russie contrôle actuellement près de 20 % du territoire ukrainien et a averti qu’elle pourrait recourir à la force si les pourparlers échouent. Volodymyr Zelensky a également noté que l’Ukraine serait prête à poursuivre les hostilités.
L’Ukraine en crise énergétique majeure
L’Ukraine traverse sa crise énergétique la plus sévère depuis le début du conflit, les frappes russes ayant gravement affecté le réseau électrique ainsi que l’approvisionnement en chauffage et en eau.
18 mois pour contrôler le Donbass ?
Après une courte accalmie à la suite d’une demande de Trump à Poutine, l’armée russe a repris ses bombardements massifs sur l’Ukraine mardi.
Ces attaques ont causé des dommages considérables aux centrales, laissant des centaines de milliers de personnes sans chauffage, un fait sans précédent depuis le début des hostilités.
Sur le terrain, les forces russes ont intensifié leurs avancées en janvier, conquérant presque deux fois plus de territoire que le mois précédent.
Zelensky dénonce les frappes russes sur le réseau ferroviaire
À ce rythme, il faudrait environ 18 mois aux troupes russes pour s’emparer totalement du Donbass, à l’est de l’Ukraine, d’après les estimations de l’AFP se basant sur des données de l’Institut pour l’étude de la guerre américain (ISW).
Dans un contexte de fatigue des forces, d’épuisement et de difficulté à recruter dans l’armée ukrainienne, cette progression pourrait néanmoins s’accélérer dans les mois à venir.
Malgré les initiatives diplomatiques, les Ukrainiens interrogés par l’AFP expriment des doutes quant à la possibilité d’un accord avec Moscou.