Réforme des jours fériés : la proposition de Bayrou suscite la controverse chez les élus
La controverse autour de la proposition de François Bayrou de supprimer deux jours fériés suscite de vives réactions.
En effet, après Violette Spillebout, député Renaissance, c’est Richard Ramos (MoDem), qui a exprimé sa ferme opposition à cette idée émise par le chef du gouvernement et son parti.
Le Premier ministre français François Bayrou consulte son téléphone durant une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le 30 avril 2025.

Il est clair que la suggestion budgétaire de François Bayrou de supprimer deux jours fériés ne trouve pas d’écho favorable. Les membres de la gauche s’insurgent, le Rassemblement national s’y oppose également, et une grande partie de la population française se montre très défavorable à cette initiative… Même au sein du MoDem, le parti dirigé par le Premier ministre, une voix critique s’élève.
« Je suis farouchement opposé à ces deux jours qu’on pique aux travailleurs », a affirmé Richard Ramos, député MoDem du Loiret, sur RMC, le jeudi 14 août. Bien qu’il se déclare « quasiment d’accord avec 90 % » des suggestions du Premier ministre, il considère que cette mesure en particulier « trahit » l’engagement du parti envers la « défense des travailleurs ».
François Bayrou a présenté cette réforme comme un « effort demandé aux actifs ».
Cependant, Richard Ramos soutient que l’effort devrait être ailleurs. Il plaide, par exemple, pour que l’on prenne en charge la première journée de congé maladie afin de limiter les « congés-santé » attribués par « des médecins complaisants », ou de s’attaquer à la situation des « feignants qui ne vont pas travailler et touchent de l’argent ». « C’est à ceux-là qu’il faut essayer de piquer le pognon et pas à celui qui se lève le matin pour aller travailler », justifie-t-il, en affirmant avoir reçu des retours sur ce sujet en circonscription.
Une marche arrière possible ?
Richard Ramos n’est pas le seul représentant du socle commun à s’opposer à cette mesure budgétaire. La veille, Violette Spillebout, députée Ensemble pour la République, a exprimé son indignation en disant être « révoltée » par cette proposition, avançant des arguments similaires. « Oui, on a besoin de faire rentrer de l’argent dans les caisses, mais ça veut dire qu’il faut remettre plus de personnes à l’emploi. Il faut peut-être demander un effort supplémentaire aussi à ceux qui ne travaillent pas, aux retraités. Certains qui sont très aisés sont prêts à faire l’effort, ils le disent eux-mêmes », a-t-elle déclaré sur Europe1.
Pour sa part, le député du MoDem reste optimiste en pensant que « la discussion est encore ouverte » avec le Premier ministre concernant cette proposition. Pourtant, la situation reste incertaine. Alors que le gouvernement s’efforce de réaliser 40 milliards d’euros d’économies, chaque opportunité de gain est jugée précieuse, y compris les 4,2 milliards d’euros potentiellement générés par la suppression de ces jours fériés. Et bien que François Bayrou se montre prêt à échanger sur les jours fériés concernés, il n’entend pas modifier le principe même de la mesure.