La Belgique suspend sa participation au Système de combat aérien du futur (SCAF)

Le chancelier allemand Friedrich Merz a partagé son point de vue sur les obstacles rencontrés par le Système de combat aérien du futur (SCAF) le 18 février, en attribuant les blocages à des divergences entre la France et l’Allemagne concernant les spécificités de l’avion de chasse de nouvelle génération, et non à des désaccords entre Dassault Aviation et Airbus sur la gouvernance du projet, bien qu’ils aient été abondamment discutés récemment.

Ce n’est pas une simple dispute politique

Ces pays font face à un problème réel concernant le cahier des charges, s’ils n’arrivent pas à le résoudre, la poursuite du projet sera compromise, a averti M. Merz. Selon lui, la France nécessitera, pour la prochaine génération, un appareil capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions. En revanche, la Bundeswehr n’en a pas besoin pour le moment.

Néanmoins, l’élément le plus déterminant du SCAF ne réside pas dans l’avion de chasse de nouvelle génération. Le « cloud de combat », qui vise à assurer l’interopérabilité entre tous les composants de ce système intégré, revêt une importance capitale.

C’est dans cette optique que l’Association allemande des industries aérospatiales (BDLI), le syndicat IG Metall et Airbus ont proposé de concevoir deux chasseurs de nouvelle génération (ou NGF pour New Generation Fighter en anglais) pour le SCAF.

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Possibilité d’un compromis côté Airbus

Si nos clients le souhaitent, nous soutiendrons une approche en deux volets et nous nous engageons à jouer un rôle central, a déclaré Guillaume Faury, PDG d’Airbus, le 19 février. Il a également souligné que les blocages autour d’un pilier unique ne doivent pas compromettre l’avenir global du programme.

Cependant, M. Faury a insisté sur le fait que la solution à deux aéronefs pourrait représenter une occasion d’accueillir d’autres partenaires. Néanmoins, a-t-il précisé, la décision d’association revient à nos clients.

Macron opposé à cette solution

Contrairement à François Mitterrand, qui avait mis un terme au projet d’avion de combat européen EAP en 1985, donnant naissance au Rafale, Emmanuel Macron reste convaincu du potentiel du SCAF, tout en rejetant fermement l’idée de créer deux NGF distincts. Il l’a réaffirmé depuis l’Inde le 19 février.

De son côté, l’Espagne a indiqué son engagement total envers le projet SCAF, mais uniquement dans le cadre de l’accord-cadre signé en juin 2019, qui demeure l’un des points de blocage.

Quoi qu’il en soit, la Belgique, qui avait intégré le SCAF en tant qu’observatrice avant de signifier son désir de devenir partenaire à part entière, une décision qui avait suscité des critiques de la part d’Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a rapidement réagi aux déclarations de M. Merz.

D’après le chancelier allemand, le SCAF est condamné. La Belgique, qui était observatrice dans le programme, va réévaluer sa position, a déclaré Theo Francken, ministre de la Défense belge.

Pour mémoire, Bruxelles avait prévu de débloquer 300 millions d’euros pour soutenir la phase 2 du SCAF dès cette année, mais a finalement fait marche arrière, comme l’a expliqué le général Frederik Vansina, chef de la Défense belge, en novembre dernier.