Route maritime du Nord : la Russie investit des milliards d’euros pour augmenter sa flotte de brise-glaces
Le projet d’expansion de la Route maritime du Nord (RMN) implique la mise en place, d’ici 2035, de 10 nouveaux brise-glaces et 46 navires de sauvetage, comme l’a annoncé un représentant russe à l’agence de presse TASS.
Garantir l’exploitation permanente de cette voie maritime
Youri Troutnev, vice-Premier ministre de Russie et délégué du président dans le district fédéral d’Extrême-Orient, a également signalé que trois bases seraient établies pour accueillir ces navires, dans le cadre d’une stratégie de développement de la RMN comprenant 155 actions, visant à garantir l’exploitation permanente de cette voie maritime essentielle reliant l’Extrême-Orient à l’Europe, à travers l’Arctique.
Plus grande flotte de brise-glaces nucléaires
Actuellement, la Russie possède une flotte de quatre brise-glaces nucléaires récents, issus de la série du projet 22220 : l’Arktika (mis en service en 2020), le Sibir (2021), l’Ural (2022) et le Yakutia (2024). Trois autres sont en construction : les Chukotka, Leningrad et Stalingrad. Ces brise-glaces, mesurant 173 mètres de long et 34 mètres de large, ont un déplacement d’environ 33 000 tonnes à pleine charge.
Ils sont dotés de deux réacteurs nucléaires RITM-200, chacun offrant 175 MW, ainsi que de trois turbines de 36 MW qui entraînent trois lignes d’arbres, permettant d’atteindre une vitesse maximale de 22 nœuds en eaux libres. Leur conception leur permet de naviguer à une vitesse de 1,5 à 2 nœuds dans des glaces d’une épaisseur allant jusqu’à 2,8 mètres. Ces navires peuvent également ajuster leur tirant d’eau pour les opérations en mer et dans les estuaires des rivières sibériennes.
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Nouvelle classe de brise-glaces nucléaires à venir
Une nouvelle classe de brise-glaces nucléaires encore plus imposants, la classe Leader (Projet 10510), sera prochainement intégrée, avec trois unités prévues. Le premier exemplaire, baptisé Rossiya, est en cours de construction en Extrême-Orient russe, au chantier Svezda près de Vladivostok pour un budget de 199 578 174 200 roubles, soit environ 2 200 000 000 Euro.
Caractéristiques
| Caractéristiques principales du brise-glace nucléaire de tête | |
|---|---|
| Longueur hors tout | 209,2 m |
| Longueur à la ligne de flottaison (LFL) | 200,0 m |
| Largeur hors tout | 47,7 m |
| Largeur à la ligne de flottaison (LFL) | 46,0 m |
| Hauteur de bordé au maître-couple jusqu’au pont supérieur | 18,7 m |
| Tirant d’eau à la ligne de flottaison (LFL) | 13,0 m |
| Tirant d’eau minimal opérationnel | 12,0 m |
| Puissance sur les arbres | 120 MW |
| Vitesse spécifiée du brise-glace en eau libre et profonde (au moins 50 m), avec un état de la mer et du vent ne dépassant pas 2 points, au tirant d’eau LFL et avec une puissance sur les brides de chaque moteur électrique de propulsion d’environ 12 600 kW | 23 nœuds |
| Déplacement « complet » du brise-glace en eau de mer de densité 1,025 kg/m³, avec pleines soutes et ballast liquide, au tirant d’eau LFL | 68 601 t |
| Capacité de franchissement de la glace | |
| Épaisseur maximale de glace côtière continue et plane franchissable en marche continue à une vitesse de 1,5 – 2 nœuds, à pleine puissance, au tirant d’eau LFL, en eau profonde | 4,31 m |

Ces navires géants mesureront 209 mètres de long et 48 mètres de large, avec un poids de 69 700 tonnes à pleine charge, et seront équipés de deux réacteurs de 315 MW, fournissant une puissance de propulsion de 120 MW. Ces caractéristiques leur permettront de naviguer dans des glaces d’une épaisseur allant jusqu’à 4 mètres et, plus particulièrement, d’atteindre des vitesses proches de 10 nœuds dans des conditions de 2 mètres de glace. L’entrée en service du Rossiya reste prévue pour 2030, comme l’a confirmé le président Vladimir Poutine en janvier.
Rosatom, responsable de la gestion et de l’administration de la navigation sur la RMN, opère également des brise-glaces nucléaires plus anciens tels que les navires de classe Arktika Yamal (1992) et 50 Let Pobedy (2007), ainsi que les brise-glaces à faible tirant d’eau Taymyr (1989) et Vaygach (1990).
L’entreprise d’État possède également le cargo à propulsion nucléaire Sevmorput. Enfin, la Russie dispose d’une flotte de 34 brise-glaces à propulsion diesel.