Quand la 30e Escadre de Chasse a reçu l’ordre de disperser ses Rafale
Le 27 janvier, le groupe aéronaval constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle a quitté Toulon en direction de l’Atlantique Nord pour participer à l’exercice de préparation à la haute intensité, nommé Orion 26, dont la phase dynamique débutera le 8 février. Durant ces manœuvres d’envergure, la Marine nationale mobilisera deux bases navales, deux porte-hélicoptères amphibies, cinquante aéronefs et vingt-cinq unités de combat.
Manœuvres d’envergure
De son côté, l’armée de Terre déploiera un état-major de niveau corps d’armée, trois brigades interarmes, 2 150 véhicules tactiques, 1 200 drones ainsi que 40 hélicoptères.
L’armée de l’Air & de l’Espace (AAE) participera quant à elle avec vingt capteurs spatiaux, deux drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) MQ-9A Reaper, six systèmes de défense sol-air, et une cinquantaine d’aéronefs. En outre, dix bases aériennes seront mises à contribution.
Dans ce contexte, la 30e Escadre de Chasse a eu un aperçu d’Orion 26. En effet, le 27 janvier au matin, le général Pierre Gaudillière, commandant de la Brigade aérienne de chasse, a ordonné la dispersion de quelques Rafale vers Cognac, Cazaux, Mérignac et Clermont-Ferrand, dans le cadre de l’exercice Topaze.

« Sollicité sans préavis, le commandant d’escadre a pris les mesures d’urgence et donné ses directives aux escadrons de chasse et de soutien technique aéronautique pour sauvegarder le maximum d’avions dans un temps extrêmement contraint », a résumé le général Gaudillière.
Comme l’a précisé l’AAE, cet exercice, simulant une attaque imminente sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, a pour but de « sauvegarder les forces et maintenir la continuité opérationnelle » ainsi que d’« assurer l’agilité et la rapidité de la chaîne décisionnelle ». Ce dispositif met également à l’épreuve le soutien logistique et le concept de maintien en condition opérationnelle de combat.
Ce n’est pas la première initiative de ce type pour la BAAC. En avril 2025, la 3e Escadre de Chasse avait également été appelée à disperser sans préavis ses Mirage 2000D dans le cadre de l’exercice JADE.
A priori, cet exercice ne vise pas exactement les mêmes objectifs que celui réalisé par la 3e Escadre l’an dernier.
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Exercice Topaze
Ainsi, l’AAE souligne que Topaze comprend une seconde phase, consistant à mener une « frappe de rétorsion » depuis les bases ayant accueilli les Rafale en provenance de Mont-de-Marsan, l’objectif étant de prouver la « résilience et l’efficacité des aviateurs dans un cadre de haute intensité ».
En attendant, le général Gaudillière a exprimé sa satisfaction quant à la réussite de la première phase de Topaze.
« Première partie de l’exercice parfaitement réussie, grâce à des ordres clairs, une coopération remarquable avec les autres brigades et services et l’intelligence collective des aviateurs en situation de pression opérationnelle de haute intensité », a-t-il salué.
Récemment, cette unité a également été sollicitée pour déployer deux Rafale et une trentaine d’aviateurs à Uppsala, en Suède, dans le but d’évaluer le Rafale F4.1 en conditions froides et de réaliser des vols conjoints avec les Gripen de l’armée de l’air suédoise.