Kiev et Paris : un accord historique de Rafale qui soulève des questions éthiques et financières
L’Ukraine envisage de se procurer jusqu’à 100 avions de chasse Rafale suite à la visite de Zelensky en France.
L’Ukraine a récemment fait part de son intention d’acquérir potentiellement jusqu’à 100 Rafale, marquant ainsi un tournant significatif pour Dassault Aviation et pour la France.
Cette transaction représenterait en effet la plus grande vente à l’international pour l’avion, surpassant la commande des Émirats arabes unis qui avait porté sur 80 unités. Cela confirmerait également le statut du Rafale en tant qu’avion de chasse le plus vendu au cours des cinq dernières années, devançant le F-35.

De plus, un tel contrat permettrait à Dassault d’assurer le financement d’éventuelles innovations pour le Rafale. En outre, cette collaboration pourrait diminuer les coûts d’exploitation pour les autres clients, car l’Ukraine aurait la possibilité de fabriquer certaines pièces nécessaires à la maintenance. Cela constituerait donc un développement favorable pour l’ensemble de l’écosystème lié au Rafale.
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Montant estimé de ce contrat et financement par l’Ukraine
Le prix unitaire de l’avion, sans équipement, se situe autour de 90 millions d’euros (M€). En intégrant les dispositifs de maintenance, les simulateurs de vol et l’armement, le coût total d’un Rafale complet serait d’environ 150 M€. Pour une commande de 100 avions, le contrat pourrait ainsi atteindre près de 15 milliards d’euros. Ce financement proviendrait des intérêts des fonds russes gelés.
En d’autres termes, une banque prêtera 15 milliards d’euros à l’Ukraine, et sera remboursée grâce aux dividendes issus de ces avoirs gelés. Ainsi, ce sont en réalité les fonds russes qui financent l’armement de l’Ukraine et soutiennent l’industrie française… L’Ukraine se procure des avions avec des fonds russes.
Un délai d’une dizaine d’années pour la livraison des avions
Le délai de dix ans concerne la livraison de la flotte complète, mais les premiers appareils pourraient arriver beaucoup plus tôt, dans trois ou quatre ans.
Par ailleurs, les Ukrainiens ont signé une lettre d’intention avec le constructeur suédois Saab pour l’achat de 100 à 150 avions de chasse Gripen, dont les premiers exemplaires devraient être livrés soit à la fin de cette année, soit au début de l’année prochaine. Le Gripen pourrait donc être déployé dans le contexte du conflit actuel et surpasser les avions russes. Pour exercer une véritable pression sur les forces russes sur les 1 200 kilomètres de front, l’Ukraine aurait besoin de 40 à 50 avions, mais la date de leur arrivée reste incertaine.
Serait-il envisageable d’accélérer la livraison des Rafale en retirant des avions d’occasion de la flotte française ?
Cela a été fait pour la Grèce et la Croatie par rapport à leurs urgences opérationnelles, mais étant donné que l’armée de l’air française est déjà en sous-effectif, c’est peu probable. Une autre solution consisterait pour Dassault à ouvrir une seconde ligne d’assemblage, ce qui permettrait d’accélérer les livraisons à destination de l’Ukraine.

En ce qui concerne les performances opérationnelles, le Rafale est-il capable de modifier la situation ?
Sur le plan de la supériorité aérienne, cet avion est équipé de radars avec une portée plus étendue tout en restant discrets par rapport aux capacités russes. Cela signifie qu’il peut détecter à distance sans se faire repérer. Il est également armé de missiles capables d’atteindre des cibles plus loin que les missiles russes disponibles.
Ainsi, en matière de domination aérienne, cela représente un avantage considérable. De plus, le Rafale possède des capteurs infrarouges qui permettent d’engager des cibles sans avoir à recourir aux radars, favorisant ainsi la discrétion. Enfin, cet avion est doté d’une vaste gamme d’armements, capable de mener des frappes d’une précision inégalée ainsi que des missions anti-navires, une capacité que les Ukrainiens n’ont pas actuellement.