Préparez-vous pour le 10 septembre : blocages et manifestations à prévoir dans toute la France
Le mouvement “Bloquons tout” s’annonce avec une mobilisation significative prévue dans toute la France.
Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a déclaré, mardi, anticiper des « actions coups de poing », des blocages, et même des sabotages, tout en exprimant son scepticisme quant à la participation de la société civile, affirmant ne pas penser « que ce mouvement mobilise la société civile ».
Des centaines d’initiatives sont planifiées en Île-de-France et dans d’autres régions, allant des grandes agglomérations aux petites villes, pour le mercredi 10 septembre, bien que l’ampleur de ces actions demeure incertaine. Environ « 80 000 gendarmes et policiers » seront déployés, comme l’a annoncé lundi soir le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, qui a également précisé qu’« aucune violence » ne sera acceptée.
Manifestations et rassemblements
Des membres dirigeants de la CGT se réuniront mercredi à 9 h 30, devant le ministère du travail à Paris. Des cortèges sont également attendus à Rennes et à Nantes dès 11 heures.
Les responsables des unions départementales parisiennes, représentant la CGT, la FSU et Solidaires, se retrouveront à 13 heures au centre de Paris, sur la place du Châtelet. Des collectifs de sans-papiers ont aussi lancé un appel à rejoindre le mouvement, avec une assemblée ouverte prévue sur la place de la République à partir de 11 heures.
D’autres rassemblements sont également programmés, notamment à 11 heures à Bordeaux et à 14 h 30 à Toulouse.
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Transports publics
Les services Intercités, RER et Transilien subiront davantage d’impacts que les TGV, métros, tramways ou bus parisiens. Des perturbations sont anticipées sur certaines lignes Intercités telles que Paris – Clermont-Ferrand, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), Bordeaux-Marseille, ainsi que sur des trains de nuit. Le trafic du RER B devrait être affecté, au moins dans sa partie sud, gérée par la RATP. Sur le RER D et le Transilien R, les perturbations seront « très fortes », tandis que le RER C et les Transilien K, N, U et H seront « fortement perturbés ». Le RER E et la ligne L seront « perturbés », et la ligne P sera « légèrement perturbée ».
À la SNCF, deux des quatre syndicats représentatifs, la CGT et SUD, ont appelé à l’arrêt de travail. Tous les TGV circuleront normalement, qu’il s’agisse des InOui, Ouigo ou des trains transfrontaliers. Plusieurs assemblées générales se tiendront dans les gares parisiennes, notamment à la gare du Nord et à la gare de Lyon, dans la matinée.
Concernant le transport aérien, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) anticipe des retards et des perturbations « sur l’ensemble des aéroports français ».
À Paris, à partir de minuit, des militants ont prévu de bloquer plusieurs points d’accès au périphérique (notamment les portes de la Chapelle, de Bagnolet, de Montreuil, d’Italie et d’Orléans), poursuivant ces blocages durant la matinée. Dans l’Ouest, les citoyens engagés se rassembleront dès 6 heures pour entraver les rocades de Rennes et de Nantes. Des actions similaires ou des barrages filtrants sont également annoncés dans les boucles de messagerie à Brest, Vannes et Caen.
Logistiques et industries
De nombreux employés, incluant ceux des commerces, raffineries, hôpitaux, éboueurs et usines, ont prévu de bloquer divers sites. Par exemple, le site d’Amazon à Brétigny-sur-Orge (Essonne) pourrait être impacté par un piquet de grève. À Dunkerque, une grève est attendue chez ArcelorMittal, qui a récemment annoncé un important plan de licenciements.
Les salariés des raffineries de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), de Donges (Loire-Atlantique) et de Feyzin (Rhône), toutes sous l’égide de TotalEnergies, sont appelés « à cesser le travail le 10 », a précisé Eric Sellini (CGT) à l’Agence France-Presse (AFP).
En Seine-Maritime, la CGT incite également « les salariés du secteur de l’énergie et les retraités, que ce soit EDF ou prestataires » à rejoindre le piquet de grève près de la centrale nucléaire de Paluel. L’usine Ampère de Renault, au sud de Rouen, participera également au mouvement de grève.
À l’initiative de la CGT, les éboueurs se mobiliseront avec au moins quinze préavis de grève dans diverses régions de France, « principalement dans les zones rurales ».
Étudiants et lycéens
La direction de Sciences Po a informé que ses sites à Paris et en régions resteront fermés mercredi, bien que des cours seront dispensés à distance.
Près de 30 universités françaises organiseront des assemblées générales mardi à la mi-journée pour planifier leurs actions pour mercredi. À Paris, des établissements comme Paris-I Panthéon-Sorbonne, Paris Cité, Paris-III et Paris-VIII se réuniront en AG sur leurs campus, en prévision d’une intersyndicale plus large qui aura lieu à Jussieu.
Du côté des lycées, « on doit prendre part à ce mouvement social, parce qu’on est les premiers et les premières concernés par le budget : on est quand même les futurs citoyens de la France », a déclaré Sofia Tizaoui, présidente de l’Union syndicale lycéenne, le principal syndicat lycéen, qui a appelé à la fermeture des établissements.