Service militaire volontaire : les révélations d’Emmanuel Macron qui pourraient diviser l’opinion publique

La transformation du service national universel vise à accueillir entre 2 000 et 3 000 jeunes Français à partir de 2026.

Un objectif de 50 000 volontaires annuels est envisagé. Emmanuel Macron, président de la République, présentera les modalités du nouveau service militaire volontaire lors de sa visite en Isère ce jeudi 27 novembre.

Des tensions croissantes

Dans le contexte du conflit en Ukraine, Emmanuel Macron prendra le rôle de chef des armées en annonçant le retour du service national en France. À la 27ᵉ brigade d’infanterie de montagne, sur le site militaire à Varces (Isère), le président dialoguera avec des jeunes et, après une cérémonie militaire, il « réaffirmera l’importance de la préparation de la nation et de ses forces morales, face aux menaces croissantes », comme l’a précisé l’Élysée.

2 000 à 3 000 personnes la première année

Suite à ses vœux aux armées en début d’année et à son discours à l’hôtel de Brienne le 13 juillet, Emmanuel Macron souhaite offrir à la jeunesse un nouveau cadre de service national volontaire, permettant de s’engager dans les forces armées. Lors d’une intervention mardi sur RTL, il a expliqué que l’objectif serait de recruter, sur la base du volontariat, entre 2 000 et 3 000 jeunes lors de la première année, avec une ambition de 50 000 d’ici 2035. Ce service, qui devrait démarrer en 2026, serait accessible aux jeunes Français de 18 ans et durerait dix mois, avec une rémunération mensuelle comprise entre 900 et 1 000 euros.

Selon une source proche du dossier, “Ça démarrera lentement“, mentionnant que la première année pourrait voir un effectif de 2 000 à 3 000 participants, avant une augmentation visant les 50 000 par an.

Le service militaire volontaire actuel (SMV), lancé en 2015 et choisi par environ 1 000 jeunes chaque année, ainsi que son équivalent dans les territoires ultramarins, le service militaire adapté (SMA), qui concerne près de 6 000 jeunes annuellement, continueront d’exister parallèlement, affirme l’Élysée. Leur mission diffère : il s’agit de programmes de formation et d’insertion professionnelle avec un encadrement militaire.

Service militaire volontaire France

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Que font les autres pays en Europe ?

En Europe, douze pays ont maintenu ou rétabli la conscription obligatoire. Face à un contexte stratégique dégradé, une demi-douzaine d’autres nations ont opté pour la réintroduction d’un service volontaire.

La Norvège, dont le modèle est souvent cité au plus haut niveau de l’État, a instauré une conscription obligatoire de douze mois, bien que seulement 15 % des jeunes d’une classe d’âge accomplissent réellement le service, sélectionnés selon leur qualification et leur motivation.

Emmanuel Macron avertit depuis plusieurs mois sur l’augmentation des dangers, principalement en provenance de la Russie. Le général Mandon a récemment déclaré que le pays devait restaurer sa “force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est” et être prêt à accepter la perte de ses jeunes.

Cette déclaration a suscité des critiques considérées comme belliqueuses par certains membres de la gauche, tandis que le Rassemblement national a dénoncé une erreur, affirmant que les Français n’étaient pas disposés à risquer leur vie pour l’Ukraine. Depuis, les autorités cherchent à apaiser les tensions tout en reconnaissant la nécessité de sensibiliser et de préparer l’opinion publique aux enjeux géopolitiques.