Le futur plus grand avion du monde pourrait changer de cap : un « multitâche » militaire pour l’armée des USA ?

Le développement du plus grand aéronef au monde avance et démontre, étape après étape, qu’il ne s’agit pas d’une simple fantaisie d’une start-up vouée à disparaître.

Le plus gros avion commercial du monde

Radia a récemment répondu de manière officielle à un appel d’informations (RFI) émis par l’US Transportation Command. La mission assignée par Washington est claire : identifier un avion capable, d’ici 2035, de transporter des charges militaires exceptionnelles.

Radia WindRunner

Cela tombe bien, car le WindRunner a été conçu initialement pour acheminer des pales d’éoliennes géantes de 100 mètres de longueur.

Radia WindRunner eolienne

Radia présente son WindRunner à l’armée américaine

Cet appel fait partie de la loi de programmation militaire américaine pour l’année budgétaire 2026. Le Congrès cherche à déterminer comment les États-Unis pourront, à l’avenir, acheminer des véhicules spatiaux complets, des équipements stratégiques ou encore des matériels militaires de grande taille, sans se fier à des avions obsolètes.

Actuellement, l’US Air Force utilise principalement les C-17 Globemaster III et C-5M Super Galaxy. Ces engins impressionnants et robustes ont été conçus à une époque différente. Les exigences en matière de chargement évoluent plus rapidement que les avions : les lanceurs spatiaux s’agrandissent, les matériels militaires prennent plus de volume, et certaines cargaisons ne peuvent pas être démontées sans un délai considérable.

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Un potentiel gros marché

Une opportunité stratégique avant 2040

L’US Air Force est en train de développer cette nouvelle génération de gros-porteurs qui remplacera ces modèles avant 2040.

L’entreprise prévoit un premier vol commercial autour de 2030, soit une décennie avant l’objectif fixé par l’US Air Force. Il pourrait ainsi servir de solution transitoire, voire constituer un élément permanent d’une future flotte mixte.

L’entreprise indique être en phase avancée de conception conceptuelle et entamer progressivement la conception préliminaire. Son financement repose sur des capitaux privés et des investissements nationaux, sans attendre qu’un cahier des charges officiel soit établi.

Un aéronef aux dimensions exceptionnelles

L’avion mesure 108 mètres de long et possède une envergure de 80 mètres, son volume de soute serait 10 fois supérieur à celui d’un Boeing 777.

Dans son usage militaire, Radia affirme qu’il pourrait transporter :

  • Quatre F-35C ou F-16 Fighting Falcon
  • Six CH-47 Chinook prêts à être déployés
  • Quatre V-22 Osprey
  • Ou encore douze hélicoptères AH-64 Apache

Et cela sans nécessiter de démontage complexe d’après Radia.

Un géant capable d’atterrissages courts

On pourrait supposer qu’un avion de 108 mètres de long exige une piste d’aéroport internationale. Il peut atterrir sur des pistes semi-préparées d’une longueur aussi courte que 1 800 m, ce qu’aucun autre grand avion commercial ne peut faire grâce à une aile immense de 930 mètres carrés et des volets Fowler surdimensionnés, ce qui lui permet de maintenir une vitesse d’approche d’environ 185 km/h même à pleine charge.

Cette aptitude à fonctionner depuis des terrains rudimentaires change complètement la donne pour les missions militaires ou humanitaires. Cela signifie qu’il sera possible de livrer des matériaux lourds au plus près du besoin, sans dépendre d’infrastructures lourdes.

Des discussions en cours avec l’armée américaine

Radia a déjà eu des contacts avec le Pentagone. En mai 2025, l’entreprise a signé un CRADA (Cooperative Research and Development Agreement) avec l’US Transportation Command.

Ce partenariat vise à évaluer concrètement les capacités du WindRunner pour des opérations militaires. Si le concept se révèle prometteur, l’armée américaine envisage entre 2 000 et 7 500 heures de vol sur une période de 2 à 5 ans une fois l’aéronef opérationnel.

Des ambitions en Asie-Pacifique

Au-delà des États-Unis, Radia oriente également son regard vers la région Asie-Pacifique. Cette zone voit croître les besoins logistiques militaires et énergétiques. Îles isolées, bases avancées, projets d’éoliennes géantes : autant de situations où un aéronef colossal capable d’opérer sur des terrains sommaires pourrait faire la différence.