Kaja Kallas et l’émissaire de Trump : une rencontre tendue à Munich qui suscite déjà des mèmes
L’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, a défendu la vision de l’ONU de Donald Trump face à la cheffe de la diplomatie européenne, visiblement agacée.
Kaja Kallas a eu du mal à ne pas montrer son agacement
La cheffe de la diplomatie européenne participait ce 13 février à une table ronde sur l’ordre international, organisée dans le cadre de la conférence de Munich sur la sécurité. Elle a notamment échangé avec Mike Waltz, l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, et c’est peu dire que leurs opinions divergent, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
Tout comme Trump, Mike Waltz est très critique de l’ONU qu’il juge inefficace et plaide pour des réformes fondamentales pour que l’organisation se concentre sur le maintien de la paix et la résolution des conflits. Alors qu’il faisait valoir l’intervention du président des États-Unis dans plusieurs conflits, il a blâmé l’inaction de l’organisation.
« Je pense qu’il est légitime de la part de Trump de demander pourquoi l’ONU n’a-t-elle pas été capable de résoudre des problèmes comme le différend frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande, ou l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ou sur le Cachemire, entre l’Inde et le Pakistan, où l’on avait une très sérieuse escalade nucléaire » était-il en train d’énumérer lorsque Kaja Kallas a levé les yeux au ciel en soupirant. Sa réaction a fait le tour de nombreux observateurs européens et diplomatiques et a été transformée en gif partagé sur X.

Quelques exemples
- « Moi essayant de rester polie quand un Américain explique l’Europe à des Européens »
- « La conférence de Munich résumée en une photo »

- « L’Europe n’est pas impressionnée. For sure »
Lire en complément: Le Louvre face à une fraude de 10 millions d’euros
Des propos inexacts
Une réaction qui peut s’expliquer entre autres par les déclarations inexactes, à plusieurs niveaux, de l’ambassadeur étasunien.
Dans le cas de l’Inde et du Pakistan le Premier ministre Narendra Modi a contesté toute action de la part des États-Unis pour mettre fin aux hostilités. Le Cambodge et la Thaïlande ont certes signé un cessez-le-feu en présence de Trump, mais cela n’a pas empêché les combats de se poursuivre. Et si l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont signé une déclaration de paix sous égide américaine, plusieurs chercheurs ont pointé que le texte reste vague sur les modalités de résolution du conflit qui dure depuis trente ans.
La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité a aussi été critique du « Conseil de la paix » voulu par Donald Trump pour Gaza, avertissant qu’il était un instrument personnel du président américain.
Au lendemain de la table ronde, Kaja Kallas n’avait visiblement rien perdu de sa fermeté, en répondant non sans sarcasme aux critiques régulières de l’administration Trump sur un prétendu « effacement civilisationnel » européen. « Venant d’un pays classé deuxième au palmarès de la liberté de la presse et entendant des critiques d’un pays classé 58e dans le même palmarès… C’est intéressant » a-t-elle lancé.