Sous-marin nucléaire d’attaque De Grasse : ce que l’on sait du nouveau SNA de la Marine nationale en test depuis le 24 février 2026

Le programme Barracuda progresse avec des développements notables concernant les sous-marins nucléaires d’attaque français.

Lancement des essais en mer pour le sous-marin nucléaire d’attaque

Le quatrième submersible, le De Grasse, issu du programme Barracuda et construit par le chantier Naval Group à Cherbourg, a entamé ses essais maritimes. Sa livraison à la Marine nationale est prévue dans le courant de l’année. Neuf mois après avoir quitté le vaste hall de production de Laubeuf, le De Grasse a débuté ses tests en mer le 24 février.

SNA De Grasse

Validation de la première sortie

Pour commencer, une première immersion à la surface a été effectuée pour valider l’opération de son système de propulsion, qui est alimenté par une chaufferie nucléaire de type K15, développée par TechnicAtome, ainsi que pour tester ses dispositifs de navigation et de sécurité.

de grasse sous marin

Par la suite, une immersion statique du sous-marin est prévue à proximité de la pointe du Cotentin. Il naviguera ensuite vers l’Atlantique pour réaliser des essais en plongée profonde avant d’être remis à la Marine nationale. En se basant sur le calendrier des précédents, sa réception par la flotte française devrait se produire autour de l’été.

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Présentation du programme Barracuda

Lancé en 2006, le programme Barracuda a vu le démarrage de la construction du premier SNA, le Suffren, en décembre 2007. Celui-ci a été livré en novembre 2020 et a intégré le service actif en juin 2022, après une longue phase d’essais et de qualifications, caractéristique d’un prototype.

Par la suite, la cadence de production a été augmentée, Naval Group capitalisant sur son expérience acquise lors de la fabrication du premier sous-marin et sur les bénéfices liés à la production en série. Ainsi, le Duguay-Trouin, reçu en août 2023, a été mis en service en avril 2024. Le Tourville a suivi avec le début des essais maritimes en juillet 2024, devant être intégré à la Marine nationale en novembre de la même année et entrer en service actif en juillet 2025.

Les sous-marins

Mesurant 99,5 mètres de long pour un diamètre de 8,8 mètres et ayant un déplacement supérieur à 4 700 tonnes en surface (5 200 tonnes en immersion), les Suffren, manœuvrés par deux équipages d’environ 70 marins, sont équipés pour tirer des torpilles lourdes F21, des missiles de croisière navals (MdCN) et des missiles anti-navires Exocet SM39.

Ils possèdent quatre tubes de 533 mm et peuvent transporter jusqu’à 20 armes. Conçus pour inclure un hangar de pont (dry deck shelter – DDS) situé derrière le massif, ils sont capables d’accueillir le matériel des commandos marine, y compris le propulseur sous-marin de troisième génération (PSM3G). À terme, le DDS sera également destiné au déploiement de drones sous-marins, et l’intégration d’une capacité de mouillage de mines est en cours d’examen. Selon Naval Group, ces sous-marins devraient être disponibles en mer pendant environ 270 jours par an.

En service actif d’ici 2027

Le De Grasse aura rejoint son dispositif de mise à l’eau (DME) en mai 2025, et la première activation de sa chaufferie nucléaire est programmée pour décembre. Son intégration au service actif est envisagée d’ici 2027. À cette date, il rejoindra les trois autres sous-marins de sa classe déjà en service dans la Marine nationale : le Suffren, le Duguay-Trouin et le Tourville, ce dernier étant en opération depuis 2025.

Les deux derniers SNA de la classe Suffren, le Rubis et le Casabianca, devraient être pleinement opérationnels d’ici 2030.

Il convient de noter que les quatre premiers sous-marins de cette série ont été désarmés, à commencer par le Saphir (1984-2019), suivi du Rubis (1983-2022), du Casabianca (1987-2023) et de l’Émeraude (1988-2024). Tous ont été envoyés à Cherbourg pour le démantèlement de leurs installations nucléaires.