Péter Magyar renverse Orbán : des résultats de l’élection qui secoue le paysage politique hongrois et européen
Le résultat des élections législatives en Hongrie a abouti à un changement de direction politique significatif, avec la défaite du dirigeant nationaliste en place depuis 2010. Péter Magyar, représentant du conservatisme de centre droit et favorable à l’intégration européenne, émerge comme une option viable, ayant rassemblé des soutiens bien au-delà de l’opposition classique en Hongrie.
Les résultats de ce scrutin du dimanche 12 avril suscitaient un intérêt qui transcendait les frontières hongroises
D’un côté, se tenait le Premier ministre d’extrême droite, Viktor Orbán, en fonction depuis plus de quinze ans, soutenu jusqu’au dernier moment par ses alliés américains, illustré par la visite de JD Vance à Budapest.
De l’autre, Péter Magyar a su se positionner comme une alternative crédible. Au fil de la soirée, le suspense s’est dissipé. Viktor Orbán a reconnu sa défaite, qualifiant le résultat de « douloureux ». Cette fois, les sondages se sont révélés exacts.
Donné favori depuis plusieurs jours, Péter Magyar a confirmé sa position et mis un terme à une décennie de domination sans partage. Peu après l’annonce des résultats, le vainqueur a révélé avoir reçu un appel du Premier ministre sortant.
Péter Magyar a partagé sur Facebook : « Le Premier ministre Viktor Orbán vient de m’appeler pour nous féliciter de notre victoire », après avoir affiché une prudence optimiste plus tôt dans la soirée. D’après les informations fournies par le Bureau électoral, après le dépouillement de 72 % des bulletins, le parti Tisza, dirigé par Péter Magyar, a réussi à obtenir 138 des 199 sièges de l’assemblée hongroise, contre 54 pour le Fidesz de Viktor Orbán, lui conférant ainsi une super-majorité des deux tiers, lui permettant d’initier des réformes constitutionnelles.

« Nous avons libéré la Hongrie », a déclaré le chef du parti d’opposition conservateur Tisza, Péter Magyar, à l’issue des législatives, face au Premier ministre sortant Viktor Orbán, en fonction depuis 16 ans.
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De nombreux messages venant des voisins européens
Une leçon significative des Hongrois Emmanuel Macron a exprimé son avis sur son compte X peu après l’annonce des résultats, indiquant avoir félicité Péter Magyar. « La France salue une victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe. » « Ce scrutin historique est une leçon magistrale adressée par le peuple hongrois à tous ceux qui ont cherché à écrire son histoire à sa place. Les Européens sont libres et entendent bien le rester », a commenté Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères. Le peuple hongrois a opté pour un nouveau départ, mettant fin à un régime qui s’était écarté des principes de l’État de droit et des libertés fondamentales, en outrepassant la souveraineté européenne.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est réjouie du choix fait par la Hongrie en faveur de l’Europe. « Ce soir, le cœur de l’Europe bat un peu plus vite en Hongrie », a-t-elle écrit, considérant que ce vote représente un retour sur la voie européenne pour le pays.
Une « victoire glorieuse ». C’est ainsi que Donald Tusk, le Premier ministre polonais, a salué le succès de Péter Magyar. « Ruszkik haza ! (Les Russes rentrez chez vous !) », a-t-il déclaré, dénonçant les liens étroits entre le sortant et le régime de Moscou.
Un « grand patriote » en partance
Plus tard dans la soirée, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a également pris la parole, mais pour soutenir le perdant de l’élection. « Les Hongrois se sont exprimés et ont donné une majorité claire à Péter Magyar. Ce résultat, accueilli respectueusement par Viktor Orbán, démontre que les accusations incessantes des institutions européennes ces dernières années contre la démocratie hongroise étaient infondées. »
Il a évoqué un « grand patriote, qui aura achevé durant son mandat le rattrapage économique de la Hongrie », ayant également mis en place des politiques familiales visant à protéger la natalité et à défendre les frontières de son pays ainsi que celles de l’Europe face aux défis migratoires. Il espère que le successeur d’Orbán agira toujours dans l’intérêt de la nation et de son peuple.