27,6 % du littoral français touché par l’érosion, révèle une nouvelle carte du Cerema

Murs, digues, épis, brise-lames : le Cerema a mis à jour sa cartographie nationale du littoral français, en croisant pour la première fois l’évolution naturelle du trait de côte avec la présence de ces ouvrages de protection. Résultat, plus d’un quart du littoral hexagonal et ultramarin est aujourd’hui concerné par une problématique d’érosion.

Un outil affiné pour suivre le recul du trait de côte depuis les années 1950

L’Indicateur national de l’érosion côtière (INEC), mis en place par le Cerema dans le cadre de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (désormais fixée jusqu’en 2030), vient de connaître sa mise à jour la plus importante depuis sa création. Diffusée pour la première fois en 2017, cette base de données vise à objectiver, à l’échelle de la France entière (Hexagone, Corse et départements et régions d’outre-mer), l’évolution passée du trait de côte à partir de photo-interprétation aérienne, en s’appuyant sur des marqueurs comme la limite de végétation, le pied de dune, le haut de falaise ou le front de mangrove.

La nouvelle version 2026 permet désormais d’analyser plusieurs périodes successives (autour de 1950, 1975 lorsque les données existent, 2000, 2010 et 2020) et repose sur un maillage nettement resserré : les profils de calcul sont désormais espacés de 50 mètres, contre 200 mètres auparavant, grâce notamment au logiciel MobiTC développé par l’établissement public. L’indicateur intègre en outre, pour la première fois, des données produites par les observatoires régionaux du trait de côte, harmonisées selon une méthode nationale commune.

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Près d’un cinquième du littoral en recul, mais des dynamiques très contrastées

« Sur les 89 565 profils pour lesquels une évolution peut être calculée sur une période longue comparable à celle de la première version, 19,8 % présentent un recul du trait de côte, 12,2 % une avancée et 68 % une évolution dite non perceptible », précise le Cerema dans la présentation de cette mise à jour, publiée le 26 août 2026. Ces grands équilibres restent proches de ceux mesurés lors de la première édition de l’INEC en 2017, mais ils masquent de fortes disparités selon les types de côtes.

Les plages, en particulier, se révèlent nettement plus mobiles que la moyenne du littoral : sur la période longue étudiée, 28 % des profils de plage sont en recul et 19 % en avancée à l’échelle nationale. Autre enseignement de cette nouvelle version, obtenu grâce à l’analyse des évolutions par périodes successives, près de la moitié des profils de plage (49 %) ont changé au moins une fois de tendance depuis les années 1950, passant d’un recul à une avancée ou inversement, signe du caractère dynamique et souvent non linéaire de l’évolution des plages françaises.

20 000 ouvrages recensés, un quart du littoral concerné par l’érosion

En parallèle de l’INEC, le Cerema a également mis à jour la cartographie nationale des ouvrages et aménagements présents sur le littoral : murs, perrés, digues, épis, brise-lames, infrastructures portuaires, accès au littoral ou bâtiments. Près de 20 000 ouvrages actuellement visibles ont ainsi été recensés sur l’ensemble du littoral français, une donnée qui permet de mieux évaluer l’artificialisation des côtes et d’interpréter localement les évolutions du trait de côte naturel.

littoral français touché par l'érosion

En croisant les secteurs naturels en recul avec les portions de littoral où sont présents ces ouvrages de protection, le Cerema estime que 27,6 % du littoral français est aujourd’hui concerné par une problématique d’érosion côtière. Cette proportion grimpe même à 50,1 % sur les seuls secteurs de plage, où les enjeux d’aménagement et de recul stratégique sont les plus sensibles pour les communes littorales.

Les chiffres clés de la mise à jour 2026

Indicateur Valeur
Profils de calcul analysés 89 565
Espacement des profils 50 m (contre 200 m avant la mise à jour)
Trait de côte en recul 19,8 % des profils
Trait de côte en avancée 12,2 % des profils
Évolution non perceptible 68 % des profils
Profils de plage en recul 28 %
Ouvrages littoraux recensés Près de 20 000
Littoral concerné par l’érosion (tous secteurs) 27,6 %
Littoral concerné par l’érosion (plages) 50,1 %

Cette mise à jour s’inscrit dans un calendrier plus large : la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, désormais fixée jusqu’en 2030, doit s’appuyer sur ces données affinées pour orienter les politiques d’adaptation des territoires littoraux, qu’il s’agisse de renforcer certains ouvrages, d’accompagner un recul stratégique ou de mieux informer les collectivités. Les résultats de l’INEC 2026 sont consultables via une nouvelle application cartographique sur la plateforme Géolittoral, qui permet de comparer les différentes périodes étudiées à l’échelle locale, commune par commune.

Sources