Patrick Cohen souhaite porter plainte suite à la publication de ses échanges privés avec des cadres du PS

L’affaire d’espionnage impliquant Patrick Cohen et Thomas Legrand provoque une forte réaction et un désir de dépôt de plainte.

Une vidéo diffusée le vendredi 5 septembre par le média de droite L’Incorrect, enregistrée en juillet dans un restaurant à Paris, montre les deux journalistes en discussion avec Pierre Jouvet et Luc Broussy, respectivement secrétaire général et président du conseil national du Parti socialiste.

Patrick Cohen a déclaré : « On a pris des bouts de phrase. Il n’y a pas 20 secondes de conversation suivie. C’est complètement manipulatoire. »

Cet échange a porté sur la stratégie de la gauche en vue des élections présidentielles de 2027. Thomas Legrand, collaborateur de France Inter et de Libération, a déclaré : « Nous, on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi. » Cette affirmation a été interprétée comme un manque de neutralité envers la ministre de la Culture.

Face à la vague de critiques émanant de plusieurs responsables politiques, les deux journalistes ont défendu leur objectivité et ont annoncé, le samedi 6 septembre, leur intention de porter plainte.

« Vol de conversation privée »

Patrick Cohen a confié à La Tribune Dimanche : « Tous les coups sont permis, c’est hallucinant. » Pour lui, « il s’agit d’un vol de conversation privée » et une plainte sera déposée. Il a ajouté : « Nous sommes d’ailleurs en train de regarder si on peut l’étendre à tous ceux qui ont repris et diffusé cette vidéo. »

Patrick Cohen souhaite porter plainte suite à la publication de ses échanges privés avec des cadres du PS

En ce qui concerne le contenu de la discussion, la journaliste, qui apparaît aussi dans C à vous sur France 5, a souligné que « L’Incorrect s’est bien gardé de préciser que ce rendez-vous a eu lieu à l’initiative de la direction du PS, qui se plaignait du traitement négatif du parti et d’Olivier Faure sur l’antenne de France Inter, et dans mes éditos en particulier. Nous n’étions pas entre amis dans un esprit de connivence, c’était tout sauf une réunion conspirative. »

De fortes réactions des autres partis politiques

Dans un message partagé sur X vendredi soir, Rachida Dati, candidate des Républicains pour la mairie de Paris, a appelé à des sanctions contre les deux chroniqueurs, dénonçant des « propos graves et contraires à la déontologie ».

Des accusations de « complot », « infiltration », et « mafia » ont rapidement fusé, provenant à la fois des Républicains, du Rassemblement national et de La France insoumise.

Le Parti socialiste a réagi en affirmant qu’« aucune collusion n’existe entre le Parti socialiste et les journalistes quels qu’ils soient », tout en accusant L’Incorrect, un média fondé par des proches de Marion Maréchal en 2017, d’avoir pour « seul but d’entretenir une lecture complotiste du monde ».