Poutine réagit aux “garanties de sécurité” pour l’Ukraine : une nouvelle étape vers la tension

La récente déclaration de Vladimir Poutine souligne la fermeté de la Russie face à l’engagement militaire occidental en Ukraine.

Cette réaction, empreinte d’une opposition prévisible, ne surprend guère. Alors que, le 4 septembre 2023, vingt-six nations, principalement européennes, se sont réunies à Paris pour affirmer leur soutien militaire à l’Ukraine dans le cadre d’un potentiel cessez-le-feu, la réponse du Kremlin a été immédiate.

Poutine réagit aux garanties de sécurité pour l'Ukraine

Sans surprise, les promesses de sécurité faites par ces pays ont été rapidement rejetées par la Russie, qui s’oppose catégoriquement à toute intervention extérieure en Ukraine et à toute perspective de règlement du conflit. « Si des forces, quelles qu’elles soient, mettent les pieds [en Ukraine], surtout maintenant au moment où des combats sont en cours, nous partirons du principe qu’elles seront des cibles légitimes », a déclaré Poutine.

Il a ajouté : « Et si des décisions sont obtenues pour aboutir à la paix, à une paix durable, je ne vois tout simplement pas de sens à leur présence » sur le sol ukrainien, appelant à ce que « personne ne doute que la Russie respecte pleinement » les futures garanties de sécurité pour l’Ukraine.

Plus tôt, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait affirmé : « Les étrangers, en particulier les contingents militaires européens et américains, peuvent-ils fournir et garantir la sécurité de l’Ukraine ? Absolument pas, ils ne le peuvent pas. Cela ne peut pas être une garantie de sécurité pour l’Ukraine qui conviendrait à notre pays ».

Dmitri Peskov a également déclaré dans une interview au quotidien Izvestia : « Les Européens entravent le règlement en Ukraine. Ils n’y contribuent pas », accusant l’Europe de « poursuivre ses tentatives » de faire de l’Ukraine « le centre de tout ce qui est antirusse ».

« Force de réassurance des troupes en Ukraine »

Lors de la réunion de la Coalition des volontaires, co-dirigée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, les 26 pays se sont « formellement engagés » ce jeudi à « déployer comme force de réassurance des troupes en Ukraine ou à être présents sur le sol, en mer ou dans les airs », a précisé le président français lors d’une conférence de presse.

Concernant ces engagements, dont il a choisi de ne pas détailler les modalités ni les contributions spécifiques, Emmanuel Macron a expliqué que « le jour où le conflit s’arrête, les garanties de sécurité se déploient », que ce soit par le biais d’un « cessez-le-feu », d’un « armistice » ou d’un « traité de paix ». Il a souligné qu’il ne s’agit pas « de mener quelque guerre contre la Russie », mais bien de la dissuader d’entreprendre de nouvelles agressions contre l’Ukraine à l’avenir.


Emmanuel Macron a également indiqué que l’Allemagne, l’Italie et la Pologne figuraient parmi les « contributeurs importants » au sein des 26 nations. Ces trois pays ont exprimé des réserves concernant leur engagement, le liant en partie à un « filet de sécurité » (« backstop ») solide de la part des États-Unis.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réaffirmé après la réunion que Rome ne prévoyait pas d’envoyer de troupes en Ukraine. Quant à l’Allemagne, elle semble privilégier un renforcement de la défense antiaérienne de l’Ukraine ainsi que l’équipement de ses forces terrestres, selon des sources gouvernementales rapportées par l’AFP.

Quel soutien américain à ces « garanties de sécurité » ?

Le soutien américain ou « backstop » a été au centre d’une visioconférence avec le président Donald Trump à la suite du sommet, à laquelle a également participé son émissaire spécial, Steve Witkoff, présent au palais de l’Élysée. Bien qu’aucune annonce n’ait été faite à ce sujet, Volodymyr Zelensky a réaffirmé qu’il « comptait sur le “backstop” des États-Unis ».

Au cours d’une conversation téléphonique avec des dirigeants européens et Donald Trump après le sommet, Zelensky a noté : « nous avons examiné différentes options, dont la plus importante est la pression, en recourant à des mesures fortes, notamment économiques […]. Nous avons également discuté de la protection maximale du ciel ukrainien », a-t-il partagé sur Facebook.

Emmanuel Macron a garanti que le « soutien américain » à ces « garanties de sécurité » pour Kiev serait finalisé « dans les prochains jours » et que les États-Unis avaient été « très clairs » quant à leur implication. « Il n’y a pas de doute sur ce sujet », a-t-il insisté.

Ce « filet de sécurité » américain pourrait se manifester sous diverses formes, telles que le renseignement, le soutien logistique ou les communications, le président américain ayant exclu l’envoi de troupes au sol par les États-Unis.