Quel seuil détermine votre statut de pauvre ou modeste en France ?

Les préoccupations liées à la pauvreté et aux conditions de vie difficiles en France et en Europe sont d’une grande importance au sein du débat socio-économique.

Une investigation réalisée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a concerné 31 000 adultes français et a été publiée le 24 septembre 2023. Cette étude visait à estimer le nombre d’individus qualifiés de « pauvres » ainsi que ceux classés comme « modestes ».

Êtes-vous considéré comme pauvre ou modeste en France

Pour mener à bien cette analyse, les chercheurs se sont basés sur un indicateur dénommé revenu médian disponible. Cet indicateur est déterminé en prenant le revenu médian, qui divise la population en deux segments égaux, puis en ajoutant les aides sociales après avoir soustrait les impôts. En France, ce montant s’établit à 1 900 euros nets par mois.

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Classification par groupes

Selon les résultats de l’étude, les personnes disposant de moins de 60 % de ce revenu médian, soit 1 140 euros par mois, sont classées comme « pauvres », représentant 14,3 % de l’ensemble de la population. Les « modestes », quant à eux, constituent 12,6 % des Français et disposent d’un revenu mensuel situé entre 1 140 et 1 420 euros, soit entre 60 % et 75 % du revenu médian.

Le profil démographique obtenu à partir de cette recherche montre que la pauvreté affecte surtout les étudiants et les familles monoparentales. En revanche, le groupe des modestes inclut principalement des personnes âgées.

En tableau

Données pour la France
Pays Seuil de pauvreté (€) Seuil de condition modeste (€) Revenu médian (€)
France 1 136 1 420,3125 1 893,75

Diversité au sein de l’Union Européenne

L’étude a aussi analysé les conditions dans d’autres nations européennes, mais pas en se focalisant sur la richesse. En France, 26,8 % de la population vit dans la pauvreté ou dans des conditions modestes, alors qu’à l’échelle européenne, les taux s’élèvent à 16,9 % pour la pauvreté et 11,7 % pour la modestie, totalisant ainsi 28,7 %. Cela suggère que la proportion de personnes pauvres en France est inférieure à la moyenne de l’Union, bien qu’un nombre plus élevé de ménages modestes y soit observé.

Néanmoins, ces chiffres dissimulent d’importantes disparités entre les États. Par exemple, en Espagne, où le revenu médian est équivalent à la moyenne européenne (1 500 euros), plus de 20 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, en plus de près de 10 % considérés comme modestes. À l’inverse, la République tchèque se démarque avec l’un des taux de pauvreté les plus bas d’Europe, atteignant seulement 8,6 % de sa population, explicable par un revenu médian inférieur (1 350 euros) et un seuil de pauvreté réduit (810 euros).

Dans un cadre plus large englobant la majorité des pays d’Europe de l’Ouest (à l’exception du Luxembourg, de l’Autriche et de l’Irlande), ainsi que les pays nordiques (Danemark, Suède et Finlande) et la République tchèque, la pauvreté semble particulièrement toucher les jeunes, les étudiants et les familles monoparentales, tandis que les personnes modestes sont souvent des retraités et des individus âgés.

Dans les pays du Sud, ainsi qu’en Pologne et en Roumanie, les groupes pauvres et modestes incluent davantage d’adultes en âge de travailler, qu’ils soient employés, au chômage ou inactifs, ainsi que des couples avec enfants (carte).
carte personnes pauvres et modestes UE