Clients déçus par Shein au BHV : ouverture controversée avec des prix jusqu’à 50 % plus chers que sur le site
Le BHV à Paris a récemment ouvert un nouvel espace dédié à la célèbre enseigne d’e-commerce Shein, précédé d’importantes mesures de sécurité. Le propriétaire envisage également d’étendre ce concept à cinq autres villes en France.
Une inauguration très attendue
Le mercredi 5 novembre 2025, le premier magasin physique permanent de Shein a été inauguré au BHV de Paris. À peine 12h30 ce jour-là, une centaine de personnes se réunit pour célébrer l’ouverture de cette nouvelle boutique, prévue pour 13h précises.

Alignés, les clients s’apprêtent à recevoir le précieux sésame leur permettant d’accéder au sixième étage du magasin. Sur plus de 1 000 m², l’espace spécialement conçu pour Shein offre une sélection de vêtements « haut de gamme » pour hommes et femmes, attirant les fervents admirateurs de cette marque d’ultrafast-fashion. Sous la surveillance d’un important dispositif policier, les clients multiplient les interviews avec différentes chaînes de télévision, de radio et des médias internationaux. Des figures politiques engagées sur des questions écologiques et des militants anti-fast-fashion sont également présents.
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Des tarifs déconcertants
Dans l’univers de la fast-fashion, la combinaison de prix bas, d’une vaste gamme de choix et de tailles, ainsi que de collections fréquemment renouvelées forme la base de ce secteur. Cependant, au sein du BHV, les tarifs comme ceux des pulls à 40 euros et des vestes à 30 euros ont été jugés décevants.
Des voix de mécontentement parmi les autres boutiques
Pour l’instant, l’initiative audacieuse de Frédéric Merlin au sein du BHV suscite de nombreuses interrogations. Juste en-dessous de l’espace Shein, un responsable commercial d’une marque de literie reconnue s’exprime sur le fait que l’afflux de clients généré par Shein ne profitera pas à son secteur. Plus préoccupant encore, sa consœur d’une enseigne concurrente déclare être contrainte de mettre au chômage technique son personnel en raison de factures impayées par le BHV.
« Si La Redoute s’en va, cela va être compliqué » s’inquiètent les représentants syndicaux. La Redoute, une enseigne phare du secteur décoration, fait partie du groupe Galeries Lafayette, qui a résilié son contrat d’affiliation avec la SGM le mardi 4 novembre, juste avant l’ouverture du magasin Shein.
Selon les syndicats, plus de vingt marques ont quitté l’établissement ou cessé de fournir les rayons de papeterie, de livres, de mode et de parfumerie. Parmi ces marques figurent Agnès b., Mariage Frères et les parfums Francis Kurkdjian, filiale du groupe LVMH. Une situation préoccupante à l’approche des fêtes de fin d’année, période cruciale pour la santé financière d’un grand magasin parisien.