Accord de libre-échange Inde-UE : jusqu’à 130% de réduction des droits de douane !
Le récent accord entre l’Inde et l’Union européenne ouvre de nouvelles perspectives commerciales en échange d’un meilleur accès aux marchés européens pour les textiles et les médicaments indiens.
Zone de libre-échange de 2 milliards de personnes
Après près de vingt ans de discussions ininterrompues, un accord de libre-échange ambitieux a été conclu, a annoncé le Premier ministre indien, Narendra Modi, le mardi 27 janvier. Les deux parties cherchent à renforcer leurs relations face à des interactions plus complexes avec les États-Unis.

« Hier, un grand accord a été signé entre l’Union européenne et l’Inde », a déclaré Narendra Modi avec enthousiasme. Il a précisé que cet accord offrira des perspectives significatives aux citoyens indiens et européens. « Nous avons conclu l’accord de tous les accords. Nous avons créé une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties », a également exprimé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
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Plus de stabilité dans un monde instable
Dans un climat géopolitique instable, ce pacte vise à protéger les deux entités de la concurrence venue de Chine et des conséquences des tensions commerciales provoquées par les États-Unis.
Les derniers points de blocage ont été résolus lundi lors de négociations finales. L’Inde et l’UE anticipent que cet accord stimulera leur commerce en abaissant les droits de douane dans divers domaines. En 2024, les échanges entre les deux blocs ont atteint 120 milliards d’euros en marchandises, soit une augmentation de près de 90 % en dix ans, et 60 milliards d’euros en services, d’après les données de l’UE.
Cet accord inclut une réduction significative des droits de douane indiens sur pratiquement toutes les importations en provenance d’Europe, en particulier sur les voitures, le vin et les pâtes. Selon les informations fournies par l’UE, les droits de douane indiens sur les véhicules devraient chuter de 110 % à 10 %, ceux sur le vin de 150 % à 20 %, et ceux sur les pâtes et le chocolat, actuellement fixés à 50 %, seront complètement annulés, ce qui représente une diminution annuelle des taxes d’environ 4 milliards d’euros.
Bruxelles s’intéresse de près au vaste marché que représente l’Inde, le pays le plus peuplé au monde avec 1,5 milliard d’habitants et une croissance de 8,2 % sur un an au dernier trimestre. Selon les prévisions du FMI, l’Inde est en passe de dépasser le Japon cette année pour devenir la quatrième plus grande économie mondiale, après les États-Unis, la Chine et l’Allemagne. De plus, elle pourrait atteindre le podium d’ici 2030, selon les déclarations de son gouvernement.
Avantage concurrentiel
De son côté, New Delhi voit en l’Europe un partenaire essentiel pour acquérir les technologies et les investissements nécessaires à sa modernisation et à la création de millions d’emplois pour sa population.
Ursula von der Leyen a indiqué qu’il s’agit du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial pour le marché indien, historiquement protégé, avec l’espoir de doubler les exportations européennes. Elle a souligné qu’un avantage concurrentiel significatif serait obtenu dans des secteurs clés de l’industrie et de l’agroalimentaire.
Par ailleurs, New Delhi et Bruxelles s’apprêtent également à signer un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers ainsi que sur les échanges d’étudiants, de chercheurs et de professionnels qualifiés, tout en établissant un pacte de sécurité et de défense.
En matière de défense, New Delhi a diversifié ses sources d’approvisionnement militaire, s’éloignant de son fournisseur traditionnel russe, tandis que l’Europe s’efforce de faire de même vis-à-vis des États-Unis.