Surtaxes douanières de Trump : l’UE dévoile sa riposte pour protéger le Groenland

Les pays européens s’unissent pour contrer les menaces de surtaxes douanières avancées par Donald Trump concernant des pays qui s’opposent à ses projets pour le Groenland, un territoire autonome du Danemark.

Préparation d’une réponse collective

Une réunion exceptionnelle des chefs d’État des 27 pays membres est imminente, comme l’a déclaré Antonio Costa, président du Conseil européen, à la suite d’une session d’urgence des ambassadeurs. D’après des sources au sein de l’Union, cette rencontre pourrait se tenir ce jeudi. Un diplomate européen a mis en avant la détermination des ambassadeurs à faire entendre aux États-Unis que le recours à des mesures commerciales en tant qu’outil de pression est inacceptable, et que l’UE est prête à adopter plusieurs réponses si nécessaire.

Simultanément, les États ont chargé la Commission européenne de rechercher différentes alternatives de réponse, a indiqué une autre référence.

De nouvelles taxes douanières en perspective ?

Un peu plus tôt, Emmanuel Macron, président de la République française, avait signifié son intention de solliciter l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE dans le cas où les États-Unis décideraient d’imposer de nouveaux tarifs douaniers.

Cet instrument, qualifié d’« arme nucléaire économique » par l’eurodéputée Valérie Hayer, est conçu pour réagir face à un pays tiers qui utiliserait des moyens commerciaux pour entraver les décisions souveraines de l’UE ou de l’un de ses États membres. Il permet, entre autres, de limiter les importations provenant d’une nation ou son accès à certains marchés publics, et de bloquer certains investissements.

Selon des sources diplomatiques, aucune décision n’a encore été arrêtée à ce sujet. Les 27 pourraient également envisager de réactiver des mesures de représailles, dont une liste évalue à 93 milliards d’euros la valeur des biens américains concernés. Cette riposte, précédemment mise en suspens, avait été interrompue suite à la signature d’un accord commercial entre Washington et Bruxelles durant l’été 2025.

L’équilibre mondial et l’avenir de l’OTAN sont en jeu, a affirmé Lars Lokke Rasmussen, ministre danois des affaires étrangères, qui a exprimé sa conviction d’un soutien européen solide. De son côté, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a pris contact avec Donald Trump pour exprimer son désaccord concernant les menaces de surtaxes, qu’elle considère comme inappropriées.

surtaxe groenland trump

Lire en complément: Accord Canada-Chine : Mark Carney libère l’importation de 49 000 véhicules électriques

Solidarité et coordination

Des pays tels que le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni ont publié un communiqué dans lequel ils déclarent : “Les menaces douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire à un dangereux engrenage. Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse. Nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté.

Donald Trump a menacé d’instaurer de nouveaux droits de douane tant qu’un accord n’aurait pas été signé pour la vente intégrale du Groenland, avec une surtaxe de 10 % à compter du 1er février, qui pourrait atteindre 25 % au 1er juin. Depuis son retour au pouvoir il y a un an, Donald Trump évoque régulièrement son désir de prendre le contrôle de cette grande île, invoquant des raisons de sécurité nationale face aux avancées russes et chinoises dans l’Arctique.

Samedi, plusieurs milliers de manifestants ont défilé, notamment à Copenhague et à Nuuk, en scandant “le Groenland n’est pas à vendre“. Cette controverse territoriale entre les États-Unis et le Danemark, tous deux membres de l’OTAN, est sans précédent et constitue une menace pour l’avenir de l’Alliance atlantique, 77 ans après sa création en 1949.

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a fait preuve de prudence face à cette situation complexe, déclarant dimanche soir qu’il avait eu des échanges avec Donald Trump. Paris et Berlin devaient donc travailler à coordonner leur réponse lundi à Berlin, où leurs ministres de l’Économie se sont réunis. Les discussions devraient se poursuivre lors de l’événement majeur pour le libre-échange à Davos, où Donald Trump sera à nouveau présent.