L’entreprise française pionnière de l’hydrogène vert avec 22 MW d’éoliennes, une révolution ignorée ?
L’hydrogène vert, issu de l’électrolyse de l’eau alimentée par des sources d’énergie renouvelables, se présente comme une alternative durable aux combustibles fossiles, en particulier dans des secteurs où l’électrification directe est limitée, comme l’industrie lourde et le transport public, ainsi que les secteurs ferroviaire et maritime.
Lhyfe, une société française, a saisi dès le départ que l’avenir de cette forme d’énergie était lié à la modernisation des infrastructures industrielles. Il est essentiel de localiser les électrolyseurs à proximité des énergies renouvelables et des utilisateurs finaux pour diminuer les coûts tout en minimisant les pertes d’énergie.
Un leader français et mondial dans l’hydrogène vert
Depuis 2021, l’entreprise a inauguré un site novateur à Bouin en Vendée, devenant ainsi la première au monde à produire de l’hydrogène vert de façon autonome grâce à des éoliennes. Ce projet se positionne comme un exemple concret face aux enjeux climatiques, industriels et logistiques.

Après ce premier succès, la société envisage de poursuivre ses efforts, et l’année 2026 pourrait être déterminante !
Proche de Chambéry, un objectif : produire 400 kg d’hydrogène vert par jour
En Isère, à proximité de Chambéry, Lhyfe initie en 2024 un projet ambitieux soutenu par des fonds européens, visant à produire quotidiennement environ 400 kg d’hydrogène vert d’ici 2026 pour alimenter les bus de la région.
Cette installation encouragera le développement d’une filière régionale. Lhyfe prévoit d’étendre ce modèle à l’échelle européenne, en consolidant des partenariats dans les domaines du transport public et de la logistique, avec une vision claire : établir un réseau décentralisé d’unités de production près des besoins, contrairement à un modèle centralisé rigide.
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2026, l’année de la rentabilité
Pour 2026, Lhyfe s’est fixé un objectif précis : réduire ses coûts de production de 30%. Cette ambition repose sur des initiatives qui ne sont pas toujours visibles, telles que l’optimisation des installations en place, l’amélioration des électrolyseurs, le partage d’infrastructures et une automatisation avancée des procédés.
La baisse prévue des coûts de l’électricité renouvelable est également un facteur clé de cette stratégie. En parallèle, Lhyfe vise à doubler son chiffre d’affaires tout en cherchant à établir des contrats d’achat à long terme avec des collectivités et des entreprises. Bien que le secteur soit encore émergent et dépendant des subventions publiques, avec des coûts logistiques élevés, la quête de rentabilité a déjà commencé.
Actuellement, Lhyfe dispose de 11 sites en construction ou opérationnels en Europe, avec l’ambition d’atteindre 80 tonnes par jour d’ici fin 2026 et 9,8 GW installés d’ici 2030.
En 2025, l’entreprise a presque doublé son chiffre d’affaires pour atteindre 9,8 M€, contre 5,1 M€ en 2024.
Cette croissance est principalement due à l’augmentation de l’activité, à l’élargissement de la clientèle grâce à la signature de nouveaux contrats de vente d’hydrogène vert, et à la contribution croissante des volumes produits sur les sites de Buléon (Bretagne) et de Bessières (Occitanie).
Un acteur majeur dans une filière européenne en pleine expansion
L’Union européenne s’est fixée un objectif ambitieux : atteindre 40 gigawatts de capacité d’électrolyse d’ici 2030 pour produire 10 millions de tonnes d’hydrogène vert par an, en plus de 10 millions de tonnes importées. Sur le papier, cette idée semble simple : garantir un volume suffisant pour s’engager pleinement dans la transition vers la neutralité carbone d’ici 2050. Toutefois, cela requiert une transformation significative de nombreux secteurs industriels et du transport.
Avec la directive RED III, l’hydrogène vert devient progressivement une exigence réglementaire, notamment pour l’industrie lourde. Les objectifs sont ambitieux : atteindre 42 % de la consommation énergétique industrielle d’ici 2030, et 60 % d’ici 2035. Pour soutenir cette montée en puissance, l’Europe a déjà investi environ 20 milliards d’euros à travers divers mécanismes d’appui.
En France, l’État prévoit 4,5 gigawatts d’électrolyse d’ici 2030, puis 8 gigawatts d’ici 2035, permettant ainsi de produire environ 520 000 tonnes d’hydrogène bas carbone par an. Cependant, le secteur peine à se développer, avec seulement 308 mégawatts réellement installés en 2024. Ce retard ne remet pas en question la dynamique, mais souligne que la transition nécessitera probablement de nombreuses années pour structurer le secteur, avec des acteurs innovants comme Lhyfe.
La première station hydrogène sur autoroute pour poids lourds
Une avancée significative pour Lhyfe : depuis novembre 2025, l’entreprise a lancé la première station hydrogène sur autoroute en France dédiée aux poids lourds, gérée par TEAL Mobility. Située sur l’autoroute A4 dans la région Grand Est, cette station stratégique ouvre des corridors vers l’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique, facilitant ainsi l’utilisation de l’hydrogène dans des axes logistiques majeurs.
Cette station possède une capacité de distribution d’une tonne d’hydrogène par jour, avec des pompes à 350 et 700 bars, permettant de ravitailler à la fois les poids lourds et les véhicules légers. L’hydrogène fourni est certifié RFNBO, le standard le plus exigeant de l’Union européenne en matière d’hydrogène vert.
Grâce à ce partenariat, Lhyfe renforce sa logistique en s’appuyant sur une flotte de plus de 70 conteneurs haute pression et sur quatre sites de production certifiés en France et en Allemagne. Ce projet, qui représente un symbole de la transition énergétique dans le secteur des transports, illustre la capacité à combiner production, certification et livraison à grande échelle, tout en évoluant dans un marché en pleine structuration.