4,3 milliards d’euros : Naval Group démarre déjà la construction de la frégate suédoise Luleå

Un mois seulement après la signature du contrat, Naval Group a entamé à Lorient la construction de la première frégate destinée à la marine suédoise. Une cadence inédite qui confirme la montée en puissance du programme FDI à l’export.

Une cérémonie symbolique à Lorient

La scène s’est déroulée jeudi 1er octobre au chantier Naval Group de Lorient : la cérémonie de découpe de la première tôle du futur Luleå, première des quatre frégates de défense et d’intervention (FDI) commandées par la Suède. Sa livraison est prévue en 2030, ses trois navires jumeaux devant suivre entre 2032 et 2034.

Cette mise en chantier intervient à peine un mois après la signature du contrat, le 31 août à Stockholm, à bord de la toute première FDI construite, l’Amiral Ronarc’h (celle de la Marine nationale française). Une rapidité qui tranche avec les délais habituels de l’industrie navale militaire, où plusieurs années séparent en général la signature d’un contrat du premier coup de découpe.

La cérémonie a réuni des représentants des autorités suédoises, dont l’amiral Fredrik Lindén, responsable des systèmes navals au sein de la FMV (l’agence suédoise des matériels de défense), ainsi que Caroline Vicini, ambassadrice de Suède en France.

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Un contrat de 4,3 milliards d’euros et une cadence doublée

Le contrat suédois, portant sur quatre frégates, est évalué à environ 4,3 milliards d’euros. Il porte à treize le nombre total de FDI commandées par trois marines de l’OTAN (la France, la Grèce et désormais la Suède), un volume qui a conduit Naval Group à porter sa cadence de production à deux frégates par an sur son site morbihannais.

atelier de chantier naval group

Vincent Martinot-Lagarde, directeur exécutif en charge des navires de surface chez Naval Group, a salué cette commande dans des propos traduits de l’anglais : « Je remercie les autorités suédoises pour leur confiance. C’est un grand honneur de mettre notre expertise au service de la souveraineté et de la supériorité navale de la Suède. »

Pour Naval Group, ce succès suédois illustre la capacité du groupe lorientais à transformer rapidement une signature commerciale en activité industrielle concrète, dans un contexte où plusieurs marines européennes cherchent à renouveler leurs flottes de surface face aux tensions régionales.

La Suède n’est pas le premier client export du programme. La Grèce a été la première marine étrangère à recevoir une FDI, avec la livraison de la HS Kimon à la marine hellénique. Cette frégate, construite elle aussi à Lorient, a permis à Naval Group de démontrer sa capacité à mener de front plusieurs chaînes de production pour un même type de navire, au profit de la marine française et de deux clients étrangers.

Le site de Lorient, implanté dans le Morbihan, est le berceau historique des frégates de surface de Naval Group. Il construit aujourd’hui en parallèle les FDI destinées à la Marine nationale, à la marine hellénique et, désormais, à la marine suédoise, ce qui en fait l’un des sites les plus chargés du groupe pour les prochaines années.

Le marché naval européen reste animé par d’autres discussions commerciales : plusieurs marines, dont celle du Portugal, ont exprimé un intérêt pour la plateforme FDI, sans qu’un contrat n’ait toutefois été signé à ce jour.

La FDI affiche un déplacement compris entre 4 000 et 4 500 tonnes selon les versions. Les trois premières frégates françaises embarquent 16 missiles antiaériens Aster 15/30, tirés depuis deux silos verticaux Sylver A50 de huit cellules chacun, tandis que les quatrième et cinquième unités françaises recevront une capacité doublée, avec 32 missiles répartis sur quatre silos. Le navire est également équipé du radar multifonction SEA FIRE, d’un sonar remorqué CAPTAS-4 pour la lutte anti-sous-marine et de systèmes de défense rapprochée Mistral Simbad-RC.

Cette architecture modulaire permet à Naval Group d’adapter la configuration de chaque exemplaire aux besoins spécifiques de son client, qu’il s’agisse des radars et missiles suédois annoncés pour les Luleå ou des choix retenus par la marine hellénique pour ses trois Kimon-class, livrées avec une option pour un quatrième exemplaire.

Des systèmes suédois intégrés à une plateforme française

Les futures FDI suédoises ne seront pas de simples copies du modèle français. Le navire intégrera plusieurs équipements d’origine suédoise, parmi lesquels des radars Saab Giraffe 1X, des missiles antinavires RBS15 et des canons Bofors du groupe britannique BAE Systems. Cette personnalisation, courante dans les grands contrats d’export naval, permet à Stockholm de conserver une partie de sa base industrielle et de ses standards d’armement tout en s’appuyant sur la plateforme FDI conçue par Naval Group.

Le choix suédois s’inscrit dans un contexte de renforcement de la posture de dissuasion dans la zone baltique, où plusieurs pays riverains ont accéléré leurs programmes de défense ces dernières années. L’intégration de la Suède à l’OTAN, conjuguée à ce type de contrat, renforce les liens industriels entre Paris et Stockholm.

Donnée Détail
Client Marine suédoise (FMV)
Nombre de frégates commandées 4 FDI (classe Luleå)
Valeur du contrat Environ 4,3 milliards d’euros
Signature du contrat 31 août 2026, à Stockholm
Début de construction 1er octobre 2026, à Lorient
Première livraison (Luleå) 2030
Livraison des 3 autres navires 2032 à 2034
Total de FDI commandées (3 marines OTAN) 13 unités

Avec ce chantier désormais lancé à Lorient, Naval Group tient le calendrier le plus serré de son histoire récente à l’export : quatre années séparent la signature du contrat de la livraison du premier bâtiment, contre des délais habituellement plus longs sur ce type de commande. Entre 2030 et 2034, les quatre Luleå rejoindront progressivement la flotte suédoise, pendant que le site morbihannais poursuit en parallèle la livraison des FDI françaises et grecques, confirmant pour l’heure la viabilité industrielle de cette cadence à deux navires par an.

Sources