La décision italienne sur la prolongation des centrales à charbon jusqu’en 2038 soulève la peur et l’indignation

Le Parlement italien a récemment décidé de prolonger la fermeture des centrales à charbon de plus de dix ans, une mesure jugée par certains spécialistes comme étant « préoccupante« , bien qu’elle n’ait pas de répercussions immédiates significatives.

L’Italie demeure largement tributaire du gaz importé, dont les tarifs ont fluctué en raison des tensions au Moyen-Orient. Face à cette instabilité, le gouvernement a choisi de maintenir une option de secours, contrairement à d’autres pays qui se tournent vers le nucléaire.

Le projet de loi, déjà approuvé par la Chambre des députés, nécessite encore l’accord du Sénat, où le soutien semble acquis. Sauf retournement de situation, cette prolongation sera validée, malgré un décalage notable par rapport aux objectifs environnementaux européens.

L’Italie reporte l’abandon du charbon à 2038

Un recours au charbon devenu marginal mais stratégique

En théorie, les conséquences immédiates sont minimes, car en 2025, le charbon ne représentait pas plus de 1 % de la production d’électricité en Italie.

décision italienne de 2038 sur le charbon soulève indignation

Actuellement, le pays ne compte plus que quatre centrales :

Centrale à charbon Situation
2 centrales sur le continent arrêtées, autorisations périmées
2 centrales en Sardaigne actives, fermeture prévue entre 2028 et 2029

Les centrales continentales ne peuvent pas être redémarrées rapidement en raison de lourdes contraintes administratives et juridiques. Celles de Sardaigne bénéficient d’un sursis tant qu’une interconnexion électrique avec le continent n’est pas réalisée.

Le charbon n’est donc plus une source principale, mais demeure une alternative en période de crise.

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Une réponse à la crise énergétique aux effets incertains

La décision italienne s’inscrit dans un cadre énergétique global marqué par l’incertitude. Comme d’autres nations européennes, l’Italie fait face à l’augmentation des coûts, à la dépendance aux importations et à la pression de l’industrie. Dans ce contexte, le charbon sert de filet de sécurité.

D’autres pays, tels que l’Allemagne ou le Japon, ont également envisagé des approches similaires.

Cependant, les avantages de ce choix restent discutables, d’après plusieurs spécialistes, le recours au charbon ne permettra pas de réduire significativement les coûts de l’électricité, ce qui diminue considérablement son attrait économique.

Un signal politique qui préoccupe les experts

Pour les analystes du domaine, cette option témoigne d’un changement dans la stratégie énergétique italienne.

Le danger ne se limite pas aux enjeux climatiques. Il est également politique. Si plusieurs pays commencent à différer leurs engagements, cela pourrait nuire à la cohésion de la trajectoire européenne.

Un charbon en déclin en Europe, mais encore présent

À l’échelle de l’Union européenne, le charbon n’a pas encore disparu. Près de 200 centrales thermiques à charbon sont encore en service, un chiffre en déclin constant depuis dix ans, mais qui reste significatif en termes de capacité et d’impact sur le climat.

Actuellement, le charbon représente environ 6 à 7 % de la production d’électricité en Europe, contre près de 19 % il y a quelques années. Cette chute rapide, accélérée depuis 2020, est le fruit des politiques climatiques et de l’essor des énergies renouvelables.

Voici un état des lieux du parc charbonnier européen :

Donnée clé Valeur indicative actuelle Commentaire
Nombre de centrales ~200 unités En diminution continue
Capacité installée ~150 GW Environ 15 % du parc électrique total
Part de l’électricité ~6–7 % Concentrée dans quelques pays
Part des émissions CO₂ ~18 % Toujours très élevée
Évolution du parc Fermetures accélérées Plusieurs dizaines de GW arrêtés d’ici 2026–2027


Le charbon demeure un composant résiduel dans certains pays comme l’Allemagne (22 %) ou la Pologne (54 %).

Le charbon, symptôme d’une transition sous tension

La décision italienne illustre une fragilité structurelle : la transition énergétique européenne repose encore sur des équilibres précaires.

Entre dépendance au gaz, infrastructures incomplètes et tensions géopolitiques, les nations avancent avec prudence. Le charbon, que l’on croyait définitivement abandonné, réapparaît comme solution de secours.

Des experts cités par l’AFP ont souligné que relancer ces centrales ne ferait pas baisser les tarifs de l’électricité. Ce report est « un signal politique préoccupant, tourné vers le passé« , alors que « tout gain en matière de sécurité est loin d’être garanti« , a déclaré Beatrice Petrovich, analyste en énergie au sein du groupe de réflexion Ember.