Marine nationale : le Falcon 2000 Albatros promet des missions plus efficaces, mais à quel coût pour le contribuable ?

Les récentes nouvelles annoncent un progrès significatif concernant le programme AVSIMAR (avion de surveillance et d’intervention maritime). D’une part, la mise à jour de la loi de programmation militaire 2024-2030 suggère une augmentation considérable du rythme des livraisons.

Commande de la DGA

Dans la commande de base, il était prévu 7 appareils en 2020, mais l’an passé, 5 autres avions avaient été ajoutés. Il était prévu que seulement 7 ou 8 des 12 Falcon Albatros commandés soient disponibles avant 2030. Toutefois, il semble maintenant que la Marine nationale devrait disposer de 11 de ces Albatros d’ici cette échéance, le dernier étant probablement attendu en 2031.

Le Falcon 2000 Albatros au service de la Marine nationale

Capacité

Le Falcon 2000 Albatros est équipé d’un radar multifonction monté sous le fuselage, d’une tourelle optronique haut de gamme, de hublots d’observation, d’un système de largage de chaînes SAR (Search & Rescue) ainsi que de dispositifs de communication spécialisés. Cet aéronef est basé sur le modèle d’affaires Falcon 2000LXS, le dernier de la série Falcon 2000, qui a été vendu à plusieurs centaines d’exemplaires à l’échelle mondiale. Avec une autonomie de 7 400 km, le Falcon 2000LXS se distingue par sa polyvalence et ses performances à basse vitesse, lui permettant d’accéder à des aéroports difficiles.

Le développement du Falcon 2000 Albatros est effectué par Dassault Aviation en collaboration avec Naval Group, Safran et Thales. Les essais se déroulent au centre d’essais en vol de Dassault Aviation, situé à Istres, tandis que les transformations sont réalisées à l’usine de Mérignac de Dassault Aviation.

Le premier avion destiné à la Marine nationale est actuellement engagé dans une série d’essais en vol depuis la base aérienne d’Istres, avec une livraison prévue cet été.

Cet aéronef, immatriculé F-ZTMA et toujours la propriété de Dassault Aviation, effectue des vols depuis l’année dernière. La campagne d’essais en vol en cours est orchestrée par une équipe mixte comprenant des membres du CEPA/10S, de la DGA et de Dassault Aviation. Bien que plusieurs passionnés d’aviation aient déjà observé l’avion dans le sud de la France, nous disposons désormais de photographies officielles qui illustrent cet article.

Falcon 2000 Albatros en mer

Il convient de noter que ce premier Albatros de série est doté des principaux équipements de mission spécifiques à sa version militarisée. Bien qu’il soit basé sur un Falcon 2000LXS, l’Albatros a subi des modifications substantielles pour répondre aux exigences de la surveillance maritime et des interventions de la Marine nationale. Parmi les changements les plus marquants, on trouve un radôme imposant à l’avant, abritant le radar à antenne active (AESA) Searchmaster de Thales, fonctionnant en bande X, ainsi qu’une boule optronique Euroflir 410 de Safran à l’arrière. De plus, l’appareil est équipé de deux larges hublots à l’avant de la voilure, facilitant l’observation visuelle directe sur les côtés.

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Coût

Le programme AVSIMAR complet de 12 Falcon Albatros, avec soutien associé, est évalué à environ 1,3 milliard d’euros, soit 108 M€ par avion “équivalent programme”. Cependant le coût marginal réel des 5 derniers est probablement un peu inférieur à 540 M€, car :

  • une partie importante du coût de développement a déjà été payée avec la première tranche de 7 ;
  • mais le soutien/logistique peut être inclus en partie dans la nouvelle commande.

À ce stade, l’Albatros présente une livrée blanche relativement discrète. Comme pour les Falcon 200 en phase de retrait et les Falcon 50M Triton qu’il remplacera, il est probable que le fuselage de l’Albatros affiche une ligne bleue sur sa livrée blanche, en plus des cocardes et des marquages habituels de la Marine, lors de son entrée en service.