Champs-Élysées : l’arrivée de Tiffany par LVMH à côté de Cartier
Le joaillier new-yorkais Tiffany & Co s’apprête à ouvrir un vaste magasin à Paris en 2028, à proximité de son concurrent Cartier.
Après le rachat, l’intégration parisienne
Quatre ans après l’acquisition de Tiffany & Co pour plus de 14 milliards d’euros, LVMH prévoit d’inaugurer une nouvelle boutique dans la célèbre rue de la Paix à Paris. Ce nouvel espace, qui s’étendra sur près de 2 100 mètres carrés, sera localisé au numéro 7 de cette artère prisée pour ses bijouteries. Selon nos sources, Tiffany & Co occupera l’intégralité d’un immeuble voisin du magasin historique de Cartier, qui a été rénové en 2023. Cartier, le principal rival de Tiffany & Co, est la propriété du groupe suisse Richemont et se positionne comme le premier joaillier mondial.
Retour aux sources
Tiffany & Co, créée en 1837 par Charles Lewis Tiffany, avait déjà occupé cette adresse entre 1936 et 1950 avant de changer de lieu. Depuis 1999, la marque gère une boutique d’environ 200 mètres carrés juste en face.
Bernard Arnault, le PDG et fondateur de LVMH, a toujours exprimé son désir de moderniser les points de vente de Tiffany & Co à Paris. En juin 2022, un an après l’achat, la marque s’est installée avenue Montaigne, à proximité du siège de LVMH et en face du magasin Dior, l’une de ses principales filiales.
Sur les Champs-Élysées, M. Arnault a jugé l’emplacement au 62 comme insuffisant, malgré ses 1 000 mètres carrés, et des travaux sont en cours pour déménager au 100. Il a donc été décidé de revenir sur la rue de la Paix.
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Le secteur du luxe montre des signes de ralentissement
Tiffany & Co ne se limite pas à Paris pour ses nouveaux établissements spacieux. En mai, la marque a ouvert un magasin à Milan de plus de 1 000 mètres carrés. Deux mois plus tard, à Tokyo, dans le quartier de Ginza, elle a inauguré son plus grand point de vente en Asie. La marque investit également des millions d’euros dans la rénovation de ses 200 magasins à travers le monde.
L’essor de Tiffany & Co à Paris survient à un moment où le marché du luxe semble marquer le pas depuis la mi-2024. En mai 2025, Bain & Company a estimé que les ventes d’articles de luxe pourraient même diminuer de 2 % à 5 % durant l’année 2025. Bien que plus résistant que les secteurs de la mode et de la maroquinerie, affectés en Chine, le marché de la haute joaillerie fait face à la montée des prix de l’or.
Cette situation complique la relance de Tiffany & Co. En effet, bien que le segment montres, bagues et colliers du groupe LVMH représente 12 % de son chiffre d’affaires mondial, les ventes de Tiffany & Co n’ont pas progressé aussi rapidement que prévu depuis son acquisition en 2021 : elles sont évaluées à 5,5 milliards d’euros, contre environ 4 milliards pour l’exercice 2019, avant l’OPA de LVMH, qui demeure la plus importante de ses acquisitions.
La publicité ne suffit plus
Le lancement de lignes de produits haut de gamme et d’une campagne publicitaire avec la chanteuse américaine Beyoncé, initiée par Alexandre Arnault, l’un des fils de Bernard Arnault et alors numéro deux de la marque, n’a pas encore eu les résultats escomptés.

Vers de meilleurs performances ?
Pour les neuf premiers mois de 2025, les ventes de la division bijoux et montres de LVMH, incluant Tiffany & Co et Bulgari, ont chuté de 2 % à 7,41 milliards d’euros. Toutefois, le groupe indique que la rénovation des magasins Tiffany & Co a entraîné une augmentation de leur performance de 25 %.
De plus, selon LVMH, les nouvelles collections rencontrent un bon accueil aux États-Unis, son principal marché, ainsi qu’en Chine, où la consommation d’or s’accroît. Anthony Ledru, le PDG de Tiffany & Co, espère que ces signes positifs se confirmeront d’ici l’ouverture de la boutique de la rue de la Paix, prévue pour la fin de 2028.