Le Charles de Gaulle en déploiement stratégique vers la Suède et la Pologne

Le porte-avions Charles de Gaulle poursuit sa mission en Atlantique Nord après avoir participé à un exercice militaire significatif.

Le Charles de Gaulle et ses navires d’escorte ont commencé un déploiement en Atlantique Nord et en mer Baltique, comme l’a indiqué le ministère des Armées vendredi, dans un contexte d’instabilité provoqué par les actions de la Russie et les ambitions de Donald Trump concernant le Groenland.

2eme édition

Pour cette seconde édition (la première s’étant déroulée en 2023), un contingent de 10 000 militaires a été mobilisé sur mer, dans les airs et sur terre. Le but était de former les forces françaises et leurs alliés à des combats de haute intensité, face à des menaces multi-milieux, tout en anticipant une éventuelle agression russe ciblant les pays baltes. En mer, une vaste flotte, centrée autour du Charles de Gaulle, avait pour mission d’établir la supériorité aéromaritime, permettant ainsi un débarquement pour récupérer des territoires occupés par l’ennemi.

porte-avions Charles de Gaulle

Environ 25 navires ont été engagés, organisés en trois groupes : le groupe aéronaval, un groupe amphibie comprenant les porte-hélicoptères amphibies Mistral et Tonnerre, ainsi que le San Guisto italien, et un groupe de lutte contre les mines. Du côté français, un sous-marin nucléaire d’attaque a été présent, de même que la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, ainsi que les frégates multi-missions Alsace, Languedoc, Normandie et Aquitaine, sans oublier la nouvelle frégate de défense et d’intervention Amiral Ronarc’h et les bâtiments ravitailleurs de forces Jacques Chevallier et Jacques Stosskopf.

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Mauvaises conditions météo

Les opérations ont été compliquées par des conditions météorologiques déplorables, avec une série de dépressions particulièrement puissantes venues de l’Atlantique, contraignant les militaires à adapter leur dispositif.

Le groupe aéronaval, qui devait initialement opérer dans le golfe de Gascogne, s’est finalement repositionné en baie de Seine. Malgré ces obstacles, « tous les objectifs ont été atteints », a déclaré un officier général à Mer et Marine.

Le porte-avions a pu faire fonctionner son aviation embarquée chaque jour, de jour comme de nuit, même sous des conditions de mer 6 à 7, en fortes pluies, avec des vents violents et un plafond souvent très bas, témoignage du niveau élevé d’entrainement des marins français et de leur expertise unique en Europe.

Cela revêt une importance capitale face à la menace d’un retour à des combats de haute intensité, même en haute mer, où le porte-avions est jugé indispensable par les militaires pour assurer la domination de l’espace aéromaritime. Cette capacité a été mise en évidence lors du WASEX, le « War at sea exercise » au cours duquel le groupe aéronaval a affronté une forte force navale adverse simulative d’une escadre russe équipée de missiles à longue portée, mais dépourvue de porte-avions, ce qui a clairement penché la balance en faveur des « Bleus ». Malgré une manœuvre audacieuse, les « Rouges » n’ont pas pu engager leurs aéronefs face au groupe aérien du Charles de Gaulle, qui a montré sa capacité à maintenir en vol de manière continue et sur la durée un de ses Hawkeye et plusieurs Rafale Marine, entraînant la destruction de tous leurs navires.

ORION 26

Après ces manœuvres particulièrement exigeantes dans le cadre d’ORION 2026, le groupe aéronaval entame maintenant la seconde phase de son déploiement, qui le mènera en Europe du Nord. Cette mission, désignée La Fayette, revêt plusieurs significations. Elle poursuit l’héritage des missions Clemenceau, Foch et Arromanches, en empruntant le nom d’un ancien porte-avions français, l’ex-USS Langley, qui a servi sous pavillon français de 1951 à 1963.