Prix Nobel de la paix : 5 candidats qui pourraient l’emporter sur Trump
Le Prix Nobel de la paix 2025 sera décerné ce vendredi en Norvège parmi 338 prétendants, comprenant 244 individus et 94 organisations dont les identités restent secrètes. Bien que Donald Trump, ancien président des États-Unis, se présente comme un candidat de choix, d’autres prétendants semblent avoir de meilleures chances de recevoir cette distinction.
Qui parmi les futurs lauréats rejoindra les noms emblématiques tels que Narges Mohammadi, dalaï-lama et Martin Luther King ? Il apparaît peu probable que Donald Trump fasse partie de ce cercle. Malgré ses affirmations sur la résolution de sept conflits durant son mandat à la Maison Blanche, sa candidature pour le Nobel de la paix, qu’il espère obtenir après Barack Obama en 2009, ne suscite pas un consensus favorable.
Donald Trump, candidat au Nobel
Bien que l’implication diplomatique de Donald Trump soit indéniable, les spécialistes jugent que ses contributions effectives à la paix sont limitées. En outre, son mandat a débuté par des menaces d’annexer le Groenland et un contrôle du canal de Panama, ainsi qu’une diminution de l’aide à l’Afrique et des efforts pour expulser des migrants illégaux des États-Unis. Une telle approche semble en contradiction avec la promotion de la “fraternité entre les nations” prônée par le prix Nobel. En réalité, d’autres candidats se présentent comme des choix plus appropriés pour recevoir cette distinction : des organisations humanitaires, des leaders politiques et des personnalités de la société civile.
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Mahrang Baloch
Mahrang Baloch est une militante des droits humains éminente au Pakistan. Elle est une figure centrale du mouvement pour les droits des Baloutches, œuvrant depuis plusieurs années contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires ciblant cette minorité ethnique dans la province du Baloutchistan, à cheval entre le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan.
Son engagement lui a valu une incarcération depuis mars à Quetta, la capitale provinciale, où les autorités l’accusent de terrorisme, de sédition et de meurtre. Cette trentenaire, qui a étudié la médecine, pourrait devenir la deuxième Pakistanaise à recevoir le Nobel, après Malala Yousafzai, la lauréate la plus jeune.
Ioulia Navalny
Ioulia Navalny, veuve d’Alexeï Navalny, opposant célèbre à Vladimir Poutine décédé dans des circonstances troublantes en février 2024 en prison dans le cercle polaire, a promis de poursuivre le combat de son époux. En juin, elle a lancé une nouvelle chaîne de télévision nommée “Future of Russia” pour contrer la propagande du Kremlin.
Un Nobel de la paix pour elle pourrait redonner de l’importance à la société civile russe, surtout dans un contexte de répression accrue depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. En 2022, le comité Nobel avait déjà récompensé “trois défenseurs remarquables des droits humains, de la démocratie et de la coexistence pacifique”, honorant les ONG russes Memorial et ukrainiennes du Centre pour les libertés civiles, ainsi que le militant biélorusse Ales Bialiatski.
Volodymyr Zelensky
C’est la personnalité politique la plus en vue dans cette sélection. En tant que président et symbole de la résistance ukrainienne face à l’agression russe, Volodymyr Zelensky est considéré comme un candidat sérieux depuis 2022.
Alors que les négociations de paix entre Kiev et Moscou, initiées par Donald Trump, semblent bloquées, attribuer le prix à Volodymyr Zelensky pourrait envoyer un message fort.
Chow Hang-tung
Chow Hang-tung, avocate et défenseuse des droits humains, est l’une des principales figures de l’opposition à Hong Kong contre le régime chinois. Elle a été vice-présidente d’un groupe prodémocratique, l’Alliance de Hong Kong, qui organisait chaque année des veillées en mémoire du massacre de Tiananmen.
En 2021, ce groupe a été dissous sous la pression de Pékin. Depuis lors, Chow est emprisonnée et risque jusqu’à dix ans de prison si elle est reconnue coupable d'”incitation à la subversion du pouvoir de l’État” selon la loi sur la sécurité nationale.
Mohammed ben Abderrahmane al-Thani
Cette candidature pourrait susciter des controverses en raison du rôle géopolitique ambigu du Qatar et des préoccupations liées aux droits humains dans ce pays. Néanmoins, cheikh Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de l’émirat, a joué un rôle déterminant dans la médiation du cessez-le-feu instauré entre le Hamas et Israël en janvier.
Le Qatar a également facilité des discussions entre les États-Unis et les Taliban. Ces dernières années, le pays s’est affirmé comme un médiateur clé dans divers conflits, notamment au Liban, au Soudan et au Yémen. L’octroi du prix Nobel de la paix mettrait en lumière l’importance des acteurs régionaux dans les processus de paix.