Artistes, médecins, footballeurs : le top 1% des Français qui perçoivent 219 fois le Smic révélé par l’Insee
Une étude récemment publiée par l’Insee révèle que les emplois les plus rémunérateurs sont majoritairement occupés par des dirigeants, des cadres supérieurs et des sportifs. L’écart de salaire entre ces catégories et le reste des travailleurs ne cesse de croître, atteignant des niveaux alarmants.
Quel salaire quand on est dans le top 100 ?
Dans le classement des 100 salariés les mieux payés du secteur privé en France, les salaires moyens dépassent de 72 fois ceux des 10 % les plus privilégiés. Ces rémunérations s’élèvent à 148 fois le salaire net médian dans le secteur privé et à 219 fois celui du Smic. En 2023, pour atteindre les salaires les plus élevés, un revenu d’au moins 312 458 € nets par mois était requis, ce qui équivaut à 3 749 496 euros sur l’année. Cela représente une augmentation de 8 % par rapport à 2019, comme le souligne le rapport « France, portrait social » de l’Institut national de la statistique et des études économiques.

En parallèle, en 2023, à peine 1 % des travailleurs du secteur privé (environ 175 000 personnes) percevaient plus de 10 219 € nets par mois, alors que la moyenne se situait à 2 735 € nets. Malheureusement, la moitié des employés du secteur privé gagnait moins de 2 190 € nets mensuels, et un dixième des salariés ne touchait pas plus de 1 492 €.

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Dirigeants, hauts cadres et sportifs professionnels
Les postes à haute responsabilité sont en grande partie occupés par des dirigeants et des cadres, mais « tout en haut de l’échelle salariale, les sportifs professionnels représentent un peu plus d’un tiers (36) », précise Mathilde Gérardin, chef de la section Salaires à l’Insee et auteure de l’étude.
En 2023, Kylian Mbappé était le footballeur le plus payé de Ligue 1, percevant 6 millions d’euros par mois du Paris Saint-Germain. Pour comparaison, Zinédine Zidane avait négocié en 2001 un salaire de 600 000 euros par mois avec le Real Madrid.
D’autres équipes, comme Monaco, Marseille ou Lyon, offrent également des salaires élevés à leurs joueurs. Cependant, Alexandre Lacazette, attaquant de l’OL, qui gagne 450 000 € par mois, ne fait même pas partie des 20 joueurs les mieux rémunérés en France. Deux ans plus tard, le Paris Saint-Germain reste en tête. Actuellement, Ousmane Dembélé, formé à Rennes, est le joueur le mieux payé du pays.
Ces chiffres ne prennent pas en compte les contrats de sponsoring éventuels, ni les dividendes et les stock-options qui ne sont pas inclus dans cette analyse.
Antoine Dupont même pas dans le Top 1 000
« Même si leur part est plus marginale, notamment à partir du top 1 000, d’autres professions sont aussi surreprésentées parmi les hautes rémunérations : des professions médicales, des avocats salariés ou encore des artistes, précise l’Insee. Ces professions incluent souvent des personnes susceptibles de cumuler un emploi salarié et une activité non salariée, non prise en compte dans le calcul.
Il est donc complexe de comparer ces montants avec ceux des artistes, dont les revenus ont considérablement grimpé. Par exemple, le rugbyman Antoine Dupont, avec un salaire annuel de 600 000 €, se place bien en dessous des seuils du Top 100 et même du Top 1 000, qui commence à 115 000 € nets par mois. Il gagne cependant deux fois plus (50 000 €) que le seuil du Top 0,1 % fixé à 27 000 €.
Ces chiffres partiels mettent en évidence les inégalités salariales, souvent symbolisées par le slogan « We are the 99 % » ou par les 1 800 foyers fiscaux touchés par l’ancienne taxe Zucman sur le patrimoine. « Les salariés les mieux rémunérés se maintiennent durablement en haut de l’échelle salariale : neuf salariés sur dix du top 1 % des revenus salariaux en 2022 appartenaient déjà, quinze ans auparavant, au top 10 % des salariés de leur génération, et la moitié au top 1,5 % », explique Mathilde Gérardin.

Sans surprise, la majorité des mieux rémunérés sont des hommes (9 sur 10) de plus de 50 ans (hormis les sportifs). Ils occupent des postes de direction dans de grandes entreprises, en particulier en Île-de-France, où 30 % du top 1 % travaillent à Paris et 24 % dans les Hauts-de-Seine, région abritant le quartier d’affaires de La Défense. Ces profils détiennent également le patrimoine le plus élevé (10 % dépassent les 716 000 €), souvent grâce à un héritage ou à des donations. Une vague de transmissions imminente pourrait aggraver davantage les inégalités dans les années à venir.
Inégalités de salaire, inégalités de patrimoine
L’Insee rappelle que « trois personnes sur dix ont hérité au cours de leur vie ». Et ces ménages ont presque deux fois plus de patrimoine brut que les ménages n’ayant jamais hérité, en effet, le patrimoine brut moyen des ménages ayant bénéficié d’un héritage est presque le double de celui de ceux n’ayant pas eu cette chance (442 000 € contre 238 000 €), en partie à cause de l’augmentation des prix de l’immobilier observée au cours des 20 dernières années.
Les femmes minoritaires
Parmi les 100 plus riches, seules dix femmes figurent. « Cette moindre représentation des femmes parmi les très hauts salaires contribue nettement à augmenter l’écart salarial entre femmes et hommes », souligne l’Insee. Globalement, les plus fortunés sont ceux qui possèdent à la fois un haut niveau de vie (les 10 % les plus riches avec plus de 39 100 euros de revenus annuels) et un haut patrimoine (supérieur à 716 300 euros). Ils étaient 1,6 million de ménages en 2021.