L’Ukraine frappe Novorossiïsk : l’armée russe reconnait avoir tiré sur ses propres installations

La situation entre l’Ukraine et la Russie se complexifie, marquée par des attaques ciblées sur des infrastructures énergétiques.

En réaction à une offensive ukrainienne visant un terminal pétrolier en mer Noire, la Russie aurait lancé des missiles antiaériens de manière aléatoire, selon une source de la sécurité ukrainienne, qui a fourni des vidéos comme preuve.

Depuis plusieurs mois, les forces de Kiev accentuent leurs frappes sur les installations énergétiques russes. Récemment, l’armée ukrainienne a de nouveau attaqué la ville portuaire de Novorossiïsk, située dans le sud-ouest de la Russie. Cette ville, qui compte 275 000 habitants, représente le deuxième pôle d’exportation pétrolière du pays et un point névralgique pour la flotte de la mer Noire.

En réponse à l’assaut du mardi 25 novembre, les systèmes de défense aérienne russes ont semblé réagir… en ciblant des infrastructures civiles. Des vidéos publiées en ligne montrent des missiles antiaériens, tirés depuis un véhicule Pantsir, un système de défense à courte et moyenne portée équipé d’une tourelle avec radar, de canons et de missiles, frappant un bâtiment côtier.

Pantsir russe

Ce n’est pas un événement isolé : plusieurs analystes rapportent que des centaines de frappes accidentelles ont été notées depuis le début de l’invasion russe en février 2022.

Un représentant du service de sécurité ukrainien (SBU) a indiqué que des drones de longue portée avaient attaqué des installations stratégiques à Novorossiïsk, en particulier celles liées à l’industrie pétrolière et aux systèmes de défense antiaérienne S-300/S-400. Cette approche est délibérée de la part de Kiev, qui cible effectivement les raffineries de pétrole ainsi que les sites pétrochimiques, considérés comme essentiels au financement de l’effort de guerre russe.

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Plus de 160 frappes contre les capacités énergétiques russes

L’agence de sécurité ukrainienne déclare «continuer de réduire méthodiquement les revenus pétroliers de la Russie, qui lui permettent de financer la guerre contre l’Ukraine, et affaiblir les systèmes de défense aérienne de l’ennemi qui protègent ses installations militaires-clés». Dans les cercles ukrainiens, on se réjouit des résultats concrets : début novembre, le directeur du SBU, Vassyl Maliouk, affirmait que son pays avait procédé «avec succès plus de 160 frappes» depuis janvier, visant les capacités de production et de raffinage.

À la mi-novembre, le gouvernement russe a même été contraint de suspendre temporairement environ 2 % de son approvisionnement mondial en pétrole en raison d’une attaque à Novorossiïsk. D’après Reuters, près de 2,2 millions de barils par jour ont été affectés, alors que le secteur énergétique est crucial pour les revenus du Kremlin.

Cette campagne militaire visant les installations énergétiques illustre la détermination de Kiev à exercer une pression économique sur Moscou, tandis que le gouvernement russe cherche à plonger l’ennemi dans l’obscurité et le froid, en menant des frappes coordonnées sur les centrales de l’ouest et du centre du pays.

Alors que la «coalition des volontaires» et les représentants du président Donald Trump redéfinissent le plan américain en vingt-huit mesures pour un accord de paix, il semble que les deux camps continuent de mener des frappes, parfois contre leurs propres forces.