Après la mort d’une militaire, Trump renforce l’arsenal anti-migrants : jusqu’où ira-t-il ?
La politique d’immigration des États-Unis, sous l’administration Trump, se renforce suite à une attaque tragique.
Après l’incident survenu à Washington, où deux soldats de la Garde nationale ont été attaqués par un individu d’origine afghane, les États-Unis, dirigés par Donald Trump, ont initié le 27 novembre une investigation pour terrorisme et ont décidé de réévaluer les « cartes vertes » octroyées à des ressortissants de 19 nations considérées comme préoccupantes. La nuit précédant cette annonce, le président a confirmé le décès de la militaire Sarah Beckstrom, gravement touchée lors de l’attaque.

Cet acte, commis par un Afghan de 29 ans, qui était arrivé aux États-Unis en 2021 après avoir servi aux côtés des forces américaines en Afghanistan, a été qualifié par les autorités d’« embuscade ». Cela a conduit Trump à annoncer un renforcement de sa stratégie anti-immigration.
Suspension du traitement des demandes d’immigration des Afghans
En réponse aux directives présidentielles, Joseph Edlow, le directeur de l’USCIS, a déclaré avoir « ordonné un réexamen complet et rigoureux de chaque carte verte délivrée à tout ressortissant étranger provenant de pays jugés préoccupants ». Ce processus touchera les immigrés d’Afghanistan ainsi que ceux de 18 autres pays, dont le Venezuela, Haïti et l’Iran.

Trump a également promis d’aller encore plus loin. Il a exprimé son intention de « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde afin de permettre au système américain de se rétablir complètement », dans une publication sur son réseau Truth Social à l’occasion de Thanksgiving.
Nouvelle charge contre l’administration Biden
Il a mis en garde contre l’annulation de « millions » d’admissions accordées par l’administration de son prédécesseur, Joe Biden, tout en affirmant que son gouvernement avait l’intention de « chasser toute personne qui n’est pas un atout pour les États-Unis ou qui est incapable d’aimer notre pays ». De plus, il souhaite « dénaturaliser les migrants qui nuisent à la tranquillité nationale » et « expulser tout ressortissant étranger qui constitue un fardeau public, un risque pour la sécurité ou qui n’est pas compatible avec la civilisation occidentale ».
Les autorités américaines avaient déjà décidé, suite à l’attaque, de suspendre, pour une durée indéterminée, le traitement des demandes d’immigration des ressortissants afghans. Selon le département d’État, plus de 190 000 Afghans ont trouvé refuge aux États-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans.
Annonce du décès d’un militaire par Donald Trump
Le suspect, identifié comme Rahmanullah Lakanwal, a parcouru le pays en voiture depuis l’État de Washington jusqu’à la capitale, comme l’a précisé la procureure de Washington. Le tireur est toujours hospitalisé sous surveillance stricte. La procureure a indiqué qu’il serait accusé de trois chefs d’agression armée avec intention de tuer, bien que son mobile demeure flou.
La militaire touchée, âgée de 20 ans, a succombé à ses blessures dans la nuit de jeudi à vendredi, l’autre soldat, un homme de 24 ans, se trouve dans un état critique.
Enquête internationale
D’après John Ratcliffe, directeur de la CIA, le suspect avait collaboré avec l’armée américaine en Afghanistan avant d’être transféré aux États-Unis. « Nous enquêtons pleinement sur cet aspect de son passé », a déclaré le directeur du FBI, Kash Patel, lors d’une conférence de presse.
La police fédérale a ouvert une enquête internationale pour terrorisme et examine également les « éventuels complices » tant sur le territoire américain qu’à l’étranger. Patel a ajouté que des perquisitions étaient en cours, y compris au domicile du suspect dans l’État de Washington.
Rahmanullah Lakanwal était arrivé aux États-Unis un mois après le retrait rapide des forces américaines d’Afghanistan, durant la présidence de Joe Biden, en août 2021, dans le cadre d’une opération destinée à protéger les Afghans ayant aidé les Américains.
Des responsables du FBI, de la CIA et du ministère de la Sécurité intérieure ont précisé qu’il n’avait pas été soumis à un contrôle approfondi à son arrivée et qu’il avait bénéficié des politiques d’accueil considérées comme laxistes instaurées après le retrait désordonné des troupes américaines.