Heurts en Ariège : 4 interpellations suite à l’abattage de bovins
Les récentes tensions autour de l’abattage de bovins en Ariège ont conduit à des arrestations et à une escalade des manifestations agricoles. À la suite des incidents survenus à la ferme des Bordes-sur-Arize (Ariège), où agriculteurs et forces de gendarmerie se sont affrontés, Laurent Nuñez a révélé dans une interview accordée à RTL le vendredi 12 décembre que quatre individus avaient été arrêtés.
Des interpellations suite aux manifestations
Après une nuit marquée par des tensions à la ferme, le ministre de l’Intérieur a précisé : « Il y a eu quatre interpellations » sur RTL ce vendredi. Les forces de police ont pris le contrôle, dans la soirée du jeudi 11 décembre, d’une exploitation agricole où plusieurs dizaines de personnes s’opposaient à l’abattage d’un troupeau de vaches, suite à un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Ce rassemblement incluait des agriculteurs, des éleveurs, ainsi qu’une soixantaine de militants d’extrême gauche, qui ont déployé des stratégies d’entrave pour empêcher l’accès des forces de l’ordre. Le ministre a décrit l’utilisation de « beaucoup de moyens d’obstruction », tels que des barrages et des feux. Malgré l’intensité de la situation, Laurent Nuñez a assuré qu’aucun blessé n’était à déplorer jusqu’à présent.
Concernant les critiques sur l’usage de véhicules blindés pour dégager des voitures entravant l’accès à la ferme, le ministre a justifié cette décision. Il a déclaré que des véhicules bloquaient l’accès et que des manifestants s’en prenaient aux forces de sécurité. Il a aussi souligné la présence de nombreux militants d’extrême gauche responsables d’exactions à l’encontre des forces de l’ordre. Il a affirmé qu’il était essentiel de procéder à cette opération pour protéger le cheptel, qu’il a jugé indispensable.

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Obligation médicale
Depuis l’annonce du cas de dermatose mercredi matin, les agriculteurs ont organisé un sit-in pour empêcher l’accès des vétérinaires chargés d’euthanasier 207 blondes d’Aquitaine. Les manifestations semblent s’étendre. En Lot-et-Garonne, un groupe d’agriculteurs affiliés à la Coordination rurale a mobilisé une soixantaine de tracteurs, déversant des remorques de lisier et de pneus dans un parc à Agen dans la nuit de jeudi à vendredi.
Sur l’extension de ce mouvement dans le Sud-Ouest, le ministre a reconnu : « Il y a effectivement des mouvements de contestation, il y en a eu cette nuit, dans une zone Agen, Bordeaux, Périgueux, sur l’autoroute A75 ». Des actions de blocage et d’occupation de ronds-points sont menées par la Coordination rurale et la Confédération paysanne.
Appel à l’apaisement
Le ministre a signalé qu’il y avait eu des actions la nuit précédente et encore ce matin, tout en appelant à éviter toute forme de violence. Il a précisé que des opérations de dégagement ne seraient pas entreprises tant qu’il n’y aurait pas d’exactions, tout en exprimant sa compréhension envers la détresse des agriculteurs, mais en justifiant la nécessité des opérations pour préserver l’élevage bovin français.