Municipales à Marseille : Delogu se retire, une triangulaire inédite se dessine pour le second tour de 2026

Un tournant inattendu s’est produit à Marseille avec la décision de Sébastien Delogu (LFI) de se retirer de la compétition électorale pour contrer le Rassemblement National (RN) en vue du second tour.

Un raté côté populaire

Sébastien Delogu espérait un soutien populaire, mais ce dernier ne s’est pas manifesté. Les électeurs des quartiers populaires de Marseille ont largement ignoré le premier tour des élections municipales, qui a eu lieu le dimanche 15 mars. Parmi ceux qui ont voté, beaucoup n’ont pas choisi de soutenir le candidat insoumis.

Le mardi 17 mars, après une période de plus de vingt-quatre heures d’incertitude, le député des Bouches-du-Rhône, représentant La France insoumise, a révélé qu’il ne participera pas au second tour, retirant sa liste par responsabilité face à la menace de victoire du Rassemblement national. Ce dernier, emmené par Franck Allisio, a obtenu 35,05 % des voix, tandis que Delogu n’a recueilli que 11,94 %, bien en deçà de ses attentes au moment de se porter candidat, ce qui aurait pu le reléguer à un rôle secondaire en cas de maintien.

Perte de son bastion

En tête de liste pour la mairie centrale, et placé en deuxième position dans le 8e secteur, qui couvre une grande partie de la circonscription où il a été élu député en 2022 puis réélu au premier tour en 2024, Sébastien Delogu n’a pas réussi à capitaliser sur l’élan qui l’a propulsé lors des dernières législatives.

Dans le 8e secteur, sa liste visait la victoire, mais a terminé à la troisième position avec 23,80 % des suffrages, derrière la candidate du Printemps marseillais, Samia Ghali (36,96 %).

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« L’électorat RN s’est mobilisé, pas le nôtre »

En tout, dans les deux secteurs englobant les quatre arrondissements du nord de Marseille, Sébastien Delogu a recueilli 9 792 voix, alors qu’il en avait obtenu plus de 21 000 dans sa seule circonscription en 2024, qui était de taille plus réduite.

Soutenu par la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes), puis par le Nouveau Front populaire, Sébastien Delogu était isolé à gauche lors de sa candidature aux dernières législatives. Cette fois-ci, il a été en concurrence avec des candidats ancrés depuis longtemps dans ces territoires, dont certains bénéficiaient de solides réseaux amicaux ou familiaux.

La sanction du vote utile ?

Dans le 8e secteur, la présence de l’ancienne sénatrice socialiste Samia Ghali a privé les insoumis de nombreux relais et, par conséquent, de voix. La représentante du Printemps marseillais, victorieuse de toutes les municipales depuis 2008, a fait de la défense de son secteur un combat personnel contre Sébastien Delogu, exacerbé par les attaques virulentes de ce dernier durant la campagne.

À Marseille, le risque représenté par le RN a pu pousser certains intermédiaires à se distancier.

Sébastien Delogu LFI

Cependant, il est également probable qu’un effet maire sortant ait joué un rôle. Certains insoumis admettent, sous couvert d’anonymat, que le caractère de leur candidat a pu nuire à leur récolte de voix dans les cités marseillaises. Autrefois célébré en 2024 pour avoir brandi le drapeau palestinien au sein de l’Assemblée nationale et acclamé à chacune de ses apparitions, le « député du peuple », comme l’appelait Jean-Luc Mélenchon, a vu son prestige diminuer au cours de cette campagne.