63 milliards d’euros : Bruxelles valide l’aide géante de la France à l’éolien en mer
La Commission européenne a autorisé, le 13 juillet 2026, un régime d’aides d’État français plafonné à 63 milliards d’euros pour soutenir la construction et l’exploitation de onze parcs éoliens en mer. Une décision qui ouvre la voie à l’appel d’offres le plus important jamais lancé par la France dans ce secteur.
Onze parcs, 11,1 GW : le détail du régime approuvé
Le régime, doté d’un budget maximum de 63 milliards d’euros sur 25 ans, a été notifié par la France à la Commission dans le cadre de l’encadrement des aides d’État du pacte pour une industrie propre (CISAF), adopté le 25 juin 2025. Il soutiendra la construction et l’exploitation de onze parcs éoliens répartis en mer du Nord, dans l’Atlantique et en Méditerranée, pour une capacité de production combinée pouvant atteindre 11,1 gigawatts (GW). Ces installations pourraient produire jusqu’à 47,8 térawattheures (TWh) d’électricité renouvelable par an, soit environ 10,6 % de la consommation annuelle d’électricité de la France. Pour trois de ces parcs, ce régime remplace un dispositif déjà approuvé par la Commission en août 2025.

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Comment fonctionne le mécanisme de soutien
L’aide sera octroyée via une procédure d’appel d’offres transparente et non discriminatoire organisée par la France. Elle prendra la forme d’une prime variable dans le cadre d’un contrat sur différence bidirectionnel : un prix de référence est fixé par l’offre du bénéficiaire (mécanisme dit « pay-as-bid »), puis comparé au prix de marché de l’électricité. Lorsque le prix de marché est inférieur au prix de référence, les producteurs reçoivent la différence de la part de l’État ; lorsqu’il lui est supérieur, ils doivent au contraire reverser l’écart aux autorités françaises. Le dispositif comporte des garde-fous pour éviter de compenser une production effective lorsque les prix de marché sont négatifs.
La Commission a jugé que ce régime remplissait les conditions du CISAF et qu’il était nécessaire, approprié et proportionné pour accélérer la transition vers une économie neutre en carbone. « Cette décision ouvre la voie au dispositif de soutien à l’éolien en mer de la France. La France continuera à œuvrer pour un système énergétique totalement décarboné, et la Commission continuera d’accompagner les États membres dans la réalisation de nos objectifs climatiques communs » (propos traduits), a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la Transition propre, juste et compétitive.
Une clé de voûte de la PPE3
Cette validation européenne s’inscrit dans la trajectoire fixée par la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui vise 15 GW d’éolien en mer installés d’ici 2035, puis 45 GW à l’horizon 2050 (environ 20 % des besoins électriques du pays). La France dispose aujourd’hui de 2 GW en service et 5,6 GW en développement ou en construction. Pour accélérer, l’État a fusionné ses appels d’offres AO9 et AO10 en un bloc unique visant environ 10 GW, réparti en trois fois 1 350 MW au large de Fécamp (Seine-Maritime), deux parcs en Bretagne (1 200 et 500 MW), quatre en Méditerranée (3,2 GW au total) et un près de l’île d’Oléron (Charente-Maritime, 1 200 MW), pour moitié en éolien posé et pour moitié en éolien flottant. Le cahier des charges introduit pour la première fois des critères de « résilience d’approvisionnement » favorisant les chaînes de production européennes, avec un prix de référence cible fixé à 100 €/MWh.
| Budget maximum | 63 milliards d’euros sur 25 ans |
| Nombre de parcs concernés | 11 |
| Capacité combinée | jusqu’à 11,1 GW |
| Production annuelle potentielle | jusqu’à 47,8 TWh |
| Part de la consommation française couverte | environ 10,6 % |
| Objectif PPE3 à 2035 | 15 GW |
| Objectif PPE3 à 2050 | 45 GW (environ 20 % des besoins) |
| Prix de référence cible | 100 €/MWh |
Reste à attribuer les lauréats de cet appel d’offres fusionné : le gouvernement espère les désigner fin 2026 ou début 2027, alors même que la PPE3 prévoit une clause de revoyure et que l’échéance présidentielle approche. La validation bruxelloise lève un obstacle réglementaire majeur, mais l’ampleur du chantier, dix nouveaux parcs à mettre en concurrence sur trois façades maritimes, laisse encore plusieurs étapes avant la première mise en service de ces installations, qui doivent porter la France vers ses objectifs de 2035 puis de 2050.
Sources
- Représentation en France de la Commission européenne, « La Commission autorise une aide d’État française en faveur de l’énergie éolienne en mer » (13 juillet 2026) : détail officiel du régime d’aide et du mécanisme de soutien.
- offshoreWIND.biz, « European Commission Greenlights France’s EUR 63 Billion Aid Scheme to Build 11 Offshore Wind Farms » (14 juillet 2026) : citation de Teresa Ribera.