Le procès très attendu de Kevin Escoffier pour agressions sexuelles reporté à la fin d’année

L’affaire entourant le navigateur français Kevin Escoffier et les accusations d’agressions sexuelles a pris un nouveau tournant avec le renvoi de son procès.

Jugement du 30 mars 2026

L’enquête repose sur les témoignages de quatre femmes qui affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles de la part de Kevin Escoffier, dans divers endroits tels que Newport, Lorient, le Brésil et Melbourne. Le tribunal correctionnel de Lorient a décidé de reporter le procès, initialement prévu, au 9 novembre, à la demande du parquet.

tribunal correctionnel de Lorient

Lors de l’ouverture des débats le lundi 30 mars, en début d’après-midi, le représentant du ministère public a justifié cette requête de report en raison de l’envoi tardif d’une grande quantité de documents par l’avocate du skippeur, qui réfute toutes les accusations formulées à son encontre.

Virginie Le Roy a, en effet, envoyé 70 pages de conclusions et 152 pièces le vendredi soir précédent, ce qui a suscité des plaintes de la part du parquet qui a présenté à la cour un dossier d’environ quinze centimètres d’épaisseur. « Ces pièces, je ne les connaissais pas, ça me pose une difficulté » car « je ne serai pas en mesure de répondre à Me Le Roy », a-t-il déclaré. Dans son document, l’avocate de Kevin Escoffier réclame l’annulation de la procédure. Elle a qualifié cette enquête d’« indigne » et de « totalement en dehors des clous », critiquant notamment le fait que « des auditions orientées par les enquêteurs » aient pu avoir lieu.

Les avocates représentant les quatre plaignantes, toutes présentes au tribunal, ainsi que Kevin Escoffier, ont indiqué n’avoir reçu les éléments de la défense que le samedi précédent et se sont donc alignées sur la demande du parquet. « Le président a ordonné un supplément d’information » concernant ces nouvelles pièces ajoutées au dossier, ce qui est « une très bonne nouvelle », a réagi Me Caroline Toby, qui défend l’une des plaignantes, ancienne attachée de presse du navigateur.

Cette dernière, âgée aujourd’hui de 33 ans, est à l’origine des poursuites pénales à l’encontre de Kevin Escoffier. Dans sa plainte, elle l’accuse de l’avoir agressée dans un bar à Newport (Rhode Island, États-Unis) en mai 2023, lors d’une étape de l’Ocean Race, une compétition de navigation autour du monde.

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Une affaire qui a secoué le monde de la voile

La première plainte a été déposée durant l’Ocean Race de 2023 à Newport, suivie par trois autres témoignages similaires. Kevin Escoffier réfute les accusations formulées par les plaignantes et a également engagé une action en diffamation contre le journal Le Canard enchaîné, qui a été relaxé dans cette affaire.

En dépit des plaintes, le navigateur a poursuivi sa carrière, notamment en tant que second d’une navigatrice britannique sur un bateau lors du dernier Vendée Globe.

En cas de condamnation pour agression sexuelle par le tribunal de Lorient, Kevin Escoffier risque une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement, pouvant aller jusqu’à sept ans si des circonstances aggravantes sont retenues.