Kevin Escoffier en procès : 4 agressions sexuelles qui secouent le milieu de la voile

L’affaire judiciaire impliquant le navigateur français Kevin Escoffier se développe suite à des accusations d’agressions sexuelles formulées par quatre femmes.

Jugement ce jour

Le lundi 30 mars, Kevin Escoffier sera jugé au tribunal correctionnel de Lorient, près de trois ans après que les premières allégations ont émergé. Les accusations portent sur des agressions sexuelles survenues en France et à l’étranger, notamment à Newport, Lorient, au Brésil et à Melbourne, que le skipper conteste fermement.

Avant le début du procès prévu à 13 h 30, le collectif féministe Nous toutes Lorient a organisé un rassemblement devant le palais de justice pour exprimer son soutien aux victimes et « briser le silence sur les violences qui règnent sur le milieu de la course au large ». Les délibérations devraient se tenir en soirée, après la conclusion des échanges.

Plusieurs accusations à travers le globe

L’enquête s’est fondée sur les témoignages de quatre femmes qui accusent M. Escoffier d’agressions sexuelles dans divers lieux, y compris Newport, Lorient, le Brésil et Melbourne (Australie). Selon certains témoignages, une partie des incidents aurait eu lieu alors que le skipper était sous l’influence de l’alcool.

Ouverte en juillet 2023, l’enquête a conduit à l’audition de l’ancienne attachée de presse de l’équipe de Kevin Escoffier. Dans sa déclaration, cette femme de 33 ans affirme avoir subi une agression de sa part dans un bar à Newport en mai 2023, lors d’une étape de l’Ocean Race, une compétition de voile autour du monde. « Si ce procès a lieu aujourd’hui, c’est parce que ma cliente a été la première à dénoncer les agressions sexuelles qu’elle a subies. Son courage a rendu cette action en justice possible », a souligné son avocate, Me Caroline Toby.

En février 2025, Kevin Escoffier avait été placé en garde à vue suite à cette enquête, initialement menée par le parquet de Paris avant d’être transférée à celui de Lorient.

Issu d’une prestigieuse lignée de marins bretons et ingénieur naval, il avait acquis une certaine notoriété en frôlant la mort durant le Vendée Globe en novembre 2020. Naufragé par une tempête près du cap de Bonne-Espérance, il avait été secouru à la dernière minute par son rival Jean Le Cam.

Kevin Escoffier

Kevin Escoffier avait également engagé une action en diffamation contre Le Canard enchaîné pour un article traitant de l’agression présumée à Newport et d’un « #MeToo de la voile » en octobre 2023. En mai 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé le journal, considérant que l’enquête reposait « sur un ensemble d’éléments croisés et recoupés ».

Lors de ce procès, la plaignante défendue par Me Toby avait été entendue comme témoin. Elle avait relaté comment, cherchant son équipe dans le bar de Newport, elle avait croisé Kevin Escoffier. Alors qu’elle s’apprêtait à l’accoler, il aurait « pressé les seins avec ses mains » et aurait continué à lui toucher les fesses, puis à remonter sa main sous son tee-shirt.

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Une certaine mise à l’écart du monde de la voile

Après la médiatisation des accusations en juin 2023, le navigateur avait quitté l’équipe du monocoque Holcim-PRB en pleine Ocean Race. En octobre 2023, la Fédération française de voile (FFVoile) lui avait imposé une suspension de dix-huit mois et retiré temporairement sa licence pour cinq ans, en raison des éléments portés à sa connaissance. Toutefois, ces mesures ont été annulées en mars 2024 pour « vice de procédure ».