Mission Jeanne d’Arc : la Marine nationale redéploie ses forces en Atlantique

Le groupe Jeanne d’Arc a récemment effectué une mission significative dans le sud de l’océan Indien.

De l’océan Indien à l’Atlantique

Après avoir quitté Toulon le 17 février, le groupe a d’abord traversé la Méditerranée, puis a passé le canal de Suez le 24 février, réalisant ainsi des manœuvres conjointes avec la marine égyptienne. Suite au début de l’opération américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, les navires Dixmude et Aconit ont été temporairement stationnés au nord de la mer Rouge dans l’attente d’une évolution de la situation.

Point sur la situation

L’arrivée d’un autre porte-hélicoptères amphibie, le Tonnerre, en Méditerranée orientale le 6 mars a permis à la mission Jeanne d’Arc de reprendre son cours. Accompagnés de deux frégates françaises de premier plan pour assurer leur protection, ils ont traversé la mer Rouge avant d’atteindre l’océan Indien. En route, ils ont participé à un exercice naval avec la frégate italienne Emilio Bianchi, amiral de l’EUNAVFOR Atalanta, selon un communiqué de la force navale européenne le 10 mars, chargée de lutter contre la piraterie et les trafics illicites dans cette région.

Après avoir fait une escale à Mombasa, au Kenya, entre le 13 et le 16 mars, le Dixmude est arrivé à Mayotte le 19 mars pour une brève visite, avant de se rendre à La Réunion afin de prendre part avec l’Aconit et les Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FASZOI) à l’exercice franco-malgache Papang 26, qui s’est tenu fin mars.

groupe Jeanne d’Arc réalise une évacuation sanitaire dans l’océan Indien

Initialement, le groupe Jeanne d’Arc devait se déployer cette année dans la région Indopacifique, avec des projets de se diriger vers l’Indonésie et les Philippines, en prévoyant une traversée de la mer de Chine méridionale, avant de revenir par le Sri Lanka, l’Inde et les Émirats arabes unis.

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Évolution des conflits

Cependant, le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences mondiales ont perturbé ce programme. Sur le plan opérationnel, il est probable que la Marine nationale préfère garder le Dixmude à proximité pour faire face aux éventuels besoins. Toutefois, la guerre entraîne de sérieux problèmes dans la chaîne d’approvisionnement en carburant pour toute l’Asie du Sud-Est, qui dépend fortement du pétrole du golfe Arabo-persique, désormais presque entièrement bloqué par les Iraniens au niveau du détroit d’Ormuz. Par conséquent, des nations comme l’Indonésie et les Philippines se voient contraintes de rationner leur carburant.

Dans ce contexte, le déploiement du groupe Jeanne d’Arc dans la région semblait peu judicieux. Il est également à noter que la flambée des prix du pétrole depuis le début du conflit impacte la Marine nationale, dont les coûts de carburant connaissent une forte augmentation alors qu’une grande partie de sa flotte est en mer, consommant des centaines de tonnes de carburant chaque semaine. Cela représente un véritable défi budgétaire.

Concernant la mission Jeanne d’Arc, il a été décidé de redéployer le Dixmude et l’Aconit vers l’Atlantique. Après une escale en Afrique du Sud, où le Dixmude a atteint le Cap le 5 avril, ils prendront la direction du continent américain.