Pêche responsable : l’Ifremer dévoile des IA pour réduire l’impact écologique d’ici 2028

À Brest, la pêche évolue vers de nouvelles pratiques durables. Pour favoriser une approche plus respectueuse de l’environnement, des chercheurs de l’Ifremer expérimentent des chaluts intelligents capables de trier les poissons. D’ici 2028, des filets de pêche haute technologie devraient faire leur apparition.

Pendant quatre ans et demi, des experts de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) entreprennent un projet audacieux : transformer le secteur de la pêche grâce à l’intelligence artificielle (IA). L’institution maritime, qui exploite cette technologie sur son supercalculateur Datarmor depuis juin 2025, intègre largement l’IA dans de nombreux projets.

chalutage

Un projet ambitieux à portée européenne pour repenser la pêche

C’est dans le cadre d’une initiative européenne que les chercheurs se sont engagés. De leur désir de promouvoir une pêche durable a émergé le projet Marine Beacon. Ce dernier intègre le système Game Of Trawls, un nom inspiré d’une série populaire, qui propose une innovation technologique pour la pêche. Le concept repose sur une combinaison de caméras et de capteurs acoustiques qui déterminent l’ouverture du filet en fonction des espèces qui s’y engagent.

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« L’objectif est de créer un produit qui puisse être commercialisé et qui permettrait de suivre en temps réel les différentes espèces passant devant la caméra », déclare Robin Faillettaz, chercheur en éthologie appliquée et responsable du système d’imagerie Game Of Trawls. Une somme de 1,7 M€ a été investie dans ce projet, regroupant trois partenaires majeurs : le spécialiste en informatique et IA Kitware, le développeur de systèmes de caméras sous-marines I2S, et le fournisseur mondial d’équipements de pêche sous-marine Marport.

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L’IA au service de la science et des écosystèmes ?

Les chercheurs perçoivent cette nouvelle technologie comme un atout à valoriser dans le domaine scientifique. L’IA aide à améliorer la sélectivité en pêche et à éviter les captures accidentelles de poissons protégés.

Pour former les intelligences artificielles de ce projet, ce spécialiste en imagerie les expose à des centaines d’images d’espèces marines afin qu’elles puissent identifier chaque type de poisson.

Ces machines, conçues pour être le plus écoresponsables possible, visent à garantir le succès du projet. « On essaye d’avoir une réflexion plus large sur l’ajout d’IA dans les chaluts, qui a autant d’impacts positifs que négatifs. Si ce système est utilisé pour pêcher davantage certaines espèces et, finalement, augmenter l’effort de pêche sur des espèces précises, l’ajout de cette technologie sera négatif pour les écosystèmes », confie le chercheur.

Pour limiter les effets environnementaux défavorables, les scientifiques alimentent leur dispositif avec des données fournies par le supercalculateur Datarmor de l’Ifremer, garantissant d’avoir une donnée locale, en consommant une énergie française largement décarbonée. Une autre préoccupation du système est de ne pas orienter les chaluts vers une exploitation commerciale massive.

La pêche a un fort impact environnemental

L’IA, qui utilise des métaux rares et des matériaux électroniques, a également un coût écologique, équiper tous les chaluts de ce système n’a pas d’intérêt pour les plus petits bateaux, qui ne sont pas toujours exposés à une sélectivité difficile.