Loi sur le chauffage : l’Allemagne rejette la réforme de Robert Habeck, une victoire controversée pour Greenpeace

Les récentes modifications des réglementations sur le chauffage en Allemagne suscitent une forte opposition de la part des écologistes, relançant le débat sur la transition énergétique.

Réforme désastreuse : les écologistes s’en prennent à Berlin

Les formations politiques conservatrices et sociales-démocrates au pouvoir à Berlin ont annoncé, le mardi 24 février, avoir trouvé un consensus sur une nouvelle loi concernant l’efficacité énergétique des bâtiments, mettant ainsi fin à une législation controversée défendue par l’ancien ministre de l’Environnement, Robert Habeck, issu des Verts.

Robert Habeck (BDK 2025)

Cette législation remplace une initiative des Verts au sein de la coalition dirigée par le chancelier social-démocrate Olaf Scholz. Elle stipulait que toute nouvelle installation de chauffage devait être alimentée à au moins 65 % par des énergies renouvelables. Bien que ces objectifs environnementaux soient perçus comme ambitieux, une partie importante de la population les juge coûteux, trop bureaucratiques et difficilement réalisables dans un délai considéré comme trop court.

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Les parlementaires conservateurs suppriment une loi

« Tous les moyens de chauffage sont à nouveau possibles« , a affirmé Jens Spahn, le chef du groupe parlementaire des conservateurs, lors d’une conférence de presse aux côtés de Matthias Miersch, le leader des députés sociaux-démocrates. Un projet de loi est prévu d’ici Pâques, avec l’espoir que cette nouvelle législation soit adoptée avant le 1er juillet.

Jens Spahn a également précisé que le choix du système de chauffage redeviendrait une affaire personnelle. Les citoyens auront à nouveau la liberté de sélectionner leur mode de chauffage.

Quota bio

D’après l’accord établi entre les membres de la coalition menée par le chancelier conservateur Friedrich Merz, chacun pourra choisir son nouveau système de chauffage. Toutefois, un « quota bio » sera mis en place.

Concernant le chauffage au gaz, un pourcentage spécifique de gaz vert, c’est-à-dire du biométhane respectueux de l’environnement, devra être intégré au gaz naturel. L’accord précise que ce quota atteindra au moins 10 % d’ici 2029, et sera progressivement augmenté jusqu’en 2040.

De nombreuses critiques

Cet accord, rendu public le 24 février, a immédiatement été critiqué par des organisations environnementales comme Greenpeace, qui soulignent le risque que l’Allemagne ne parvienne pas à atteindre ses objectifs de lutte contre le changement climatique d’ici 2030 et 2045.

Greenpeace déplore que ces changements constituent un avantage considérable pour l’industrie des énergies fossiles, affaiblissant ainsi la protection des consommateurs et menaçant les efforts de préservation du climat dans le secteur du bâtiment.