21 millions d’euros : la pêche de nouveau interdite cet hiver dans le golfe de Gascogne

Un arrêté publié le 11 septembre au Journal officiel reconduit, pour la quatrième année consécutive, la fermeture hivernale d’une partie de la pêche dans le golfe de Gascogne. Objectif affiché : limiter les captures accidentelles de dauphins, au prix d’une nouvelle indemnisation de 21 millions d’euros pour la filière.

Une interdiction hivernale reconduite pour la quatrième année

La mesure était attendue depuis une annonce gouvernementale au mois de juin : la pêche sera de nouveau interdite dans le golfe de Gascogne durant l’hiver 2027, pour tous les navires de 8 mètres ou plus utilisant certains engins jugés à risque pour les petits cétacés. L’arrêté ministériel qui l’officialise, daté du 9 septembre, a été publié deux jours plus tard, le 11 septembre, au Journal officiel de la République française.

Sont concernés les navires mettant en œuvre des chaluts pélagiques à panneaux, des chaluts bœufs pélagiques, des chaluts bœufs de fond, des filets trémails, des filets maillants calés, des filets trémails et maillants combinés, ainsi que des sennes pélagiques. Cette liste d’engins, identique à celle des années précédentes, cible les techniques de pêche les plus susceptibles de provoquer des captures accidentelles de dauphins communs, particulièrement nombreux dans le golfe de Gascogne durant la période hivernale.

chalutier français amarré à quai en Atlantique

Il s’agit de la quatrième année consécutive que cette fermeture est mise en œuvre, un dispositif né d’un constat scientifique partagé : les échouages de petits cétacés sur les côtes atlantiques, en nette hausse ces dernières années, sont en grande partie liés à des captures accidentelles dans les filets et chaluts. En limitant temporairement l’activité de pêche dans la zone la plus concernée, l’État cherche à réduire ce phénomène sans interdire la pêche à l’année.

Lire en complément: 850 000 habitants alimentés : le parc éolien de Dieppe-Le Tréport prend forme en mer

Un calendrier assoupli, mais toujours contraignant pour 300 navires

Par rapport aux trois précédentes éditions, l’arrêté 2027 introduit un assouplissement dans son calendrier. Plutôt qu’une date de fermeture identique imposée à toute la flotte, les pêcheurs concernés pourront choisir leur période d’inactivité de 30 jours au sein d’une fenêtre plus large, comprise entre le 15 janvier et le 27 février 2027. Cette flexibilité doit permettre à chaque armateur d’adapter la période d’arrêt à ses contraintes propres (marché, autres zones de pêche accessibles, organisation des équipages), tout en conservant la même durée totale d’interruption que les années précédentes.

Au total, ce sont de nouveau environ 300 navires qui seront concernés par cette fermeture, un chiffre stable par rapport aux précédentes campagnes. Pour compenser la perte d’activité, une enveloppe de 21 millions d’euros est prévue afin d’indemniser la filière, armateurs comme équipages, selon des modalités qui restent proches de celles déjà appliquées lors des trois premières années de mise en œuvre du dispositif.

Une mesure controversée, entre protection des dauphins et économie de la pêche

Depuis sa première mise en œuvre, cette fermeture hivernale fait l’objet d’un débat récurrent entre défenseurs de la biodiversité marine et représentants du monde de la pêche. Les premiers y voient un outil nécessaire, quoique encore perfectible, pour enrayer la hausse des échouages de petits cétacés sur le littoral atlantique. Les seconds soulignent le poids économique de la mesure pour des flottilles déjà fragilisées par la hausse des coûts d’exploitation, en particulier celui du carburant, et plaident pour des solutions alternatives à l’arrêt total de l’activité sur la période concernée, comme l’équipement systématique des filets en dispositifs de dissuasion acoustique.

L’assouplissement introduit cette année dans le choix de la période d’inactivité peut se lire comme une tentative de réponse partielle à ces critiques, sans remettre en cause le principe même de la fermeture. Le dispositif reste pour l’instant conçu comme une mesure transitoire, réévaluée chaque année en fonction des données scientifiques disponibles sur les captures accidentelles et les échouages constatés sur le littoral.

Chiffre Donnée
4e année Reconduction consécutive de la mesure
30 jours Durée de la fermeture, au choix de chaque navire
15 janvier au 27 février 2027 Fenêtre dans laquelle placer les 30 jours d’arrêt
300 navires Flotte concernée par la mesure
21 millions d’euros Enveloppe d’indemnisation prévue pour la filière
8 mètres Taille minimale des navires soumis à l’arrêté

Reste à voir comment les pêcheurs du golfe de Gascogne, en particulier ceux basés dans les ports bretons et vendéens, s’organiseront pour répartir leurs périodes d’arrêt dans la nouvelle fenêtre proposée par l’arrêté. Le prochain rendez-vous sera celui du bilan scientifique de cette quatrième campagne, qui déterminera si le dispositif est reconduit, ajusté ou remplacé pour l’hiver suivant.

Sources