LMB Aerospace vendu aux États-Unis : Mélenchon et Bardella s’insurgent contre cette décision stratégique

La récente approbation du rachat d’un acteur clé de l’aéronautique française par un groupe américain suscite des préoccupations.

Perte d’une entreprise française du secteur de l’armement

Bien que LMB Aerospace ne soit peut-être pas familier pour beaucoup, il s’agit d’un pilier dans le secteur de la défense en France. Basé en Corrèze, cet équipementier se spécialise dans la production de moteurs et de ventilateurs électriques, et équipe des projets majeurs tels que le Rafale de Dassault, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de Naval Group, le char Leclerc ainsi que le porte-avions Charles-de-Gaulle.

Le Terrible SNLE français Brest

Le 28 janvier 2026, il a été révélé que LMB Aerospace allait être vendu à une entité américaine, le Loar Group, suite à une validation du ministre de l’Économie, Roland Lescure, comme rapporté par La Lettre. Ce choix a été fait en dépit des réserves exprimées par la Direction générale de l’armement (DGA). Ce dernier, relevant du ministère des Armées, avait proposé en juillet d’associer Bpifrance en tant qu’actionnaire minoritaire avec un siège au conseil d’administration, condition qui aurait permis à la France de conserver une certaine influence sur LMB Aerospace.

Cependant, Roland Lescure a « donné son feu vert » sans que Bpifrance ne soit intégré au capital. De son côté, Loar Group a affirmé avoir acquis « 100 % des actions et des droits de vote » de la société française.

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Perte de souveraineté

Cette décision est perçue par plusieurs responsables politiques comme un renoncement à la souveraineté française, constitutive d’une perte significative pour l’industrie, particulièrement dans un contexte où les États-Unis affichent clairement leur intention de dominer l’Europe.

Jean-Luc Mélenchon a ainsi déclaré que si « un gouvernement insoumis » accédait au pouvoir, il « vérifierait toutes les autorisations et saisirait autant que nécessaire la Cour de justice de la République pour ce genre de cession plus que discutable à l’adversaire USA ». Le fondateur de La France insoumise ajoute : « D’ici là, la justice pourrait se saisir elle-même comme elle le fait contre les insoumis pour apologie du terrorisme et autre ». La députée LFI Aurélie Trouvé qualifie également cet achat de suicidaire.

« Grande braderie de la France »

Du côté de l’extrême droite, le président du RN, Jordan Bardella, critique « les macronistes qui approuvent la vente d’un actif stratégique au cœur de l’industrie de défense française, sans aucune contrepartie et malgré les réticences de la Direction générale de l’Armement ». Selon lui, cette cession intervient dans un contexte économique et international préoccupant, où un réarmement de la France est devenu crucial. « Alors qu’il ne leur reste plus que quelques mois de mandat, les macronistes terminent la grande braderie de la France », estime le député européen.

Le gouvernement a confirmé avoir donné son accord pour ce rachat, promettant un suivi attentif pour préserver les intérêts nationaux. « L’opération de rachat de l’entreprise LMB par le groupe Loar a fait l’objet d’un examen exhaustif et rigoureusement détaillé dans le cadre de la procédure de contrôle des investissements étrangers en France, en coordination avec les ministères compétents », assure le ministère de l’Économie.

Rafale moteur LMB Aerospace

Deux conditions auraient été imposées : le maintien des activités en France et la modernisation des capacités industrielles, essentielles pour les activités stratégiques de LMB. D’après Bercy, l’État prévoit d’acquérir une action de préférence via l’Agence des Participations de l’État au sein de LMB, ce qui lui conférerait un pouvoir de contrôle significatif sur ses actifs.