Pourquoi Marine Le Pen change-t-elle de stratégie au procès ?
Le procès d’appel concernant l’affaire des assistants parlementaires du Front national, désormais dénommé Rassemblement national, a débuté ce mardi 13 janvier à Paris. Pour sa première intervention, la dirigeante de l’extrême droite française, Marine Le Pen, place sa candidature pour la présidentielle de 2027 en jeu. Elle a affirmé n’avoir eu «aucun sentiment» de commettre un délit ni «rien dissimulé».
Cet événement constitue un moment crucial pour l’échéance présidentielle de 2027 en France : l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, devenu Rassemblement national, est de nouveau examinée par la justice. La question se pose de savoir si Marine Le Pen, son parti, ainsi que certains de ses collaborateurs sont responsables de détournements de fonds publics au détriment du Parlement européen.

Lors du premier jugement rendu en mars dernier, la justice avait conclu à la culpabilité de Marine Le Pen, qui avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, ainsi qu’à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, l’empêchant actuellement de se porter candidate à l’Élysée. C’est maintenant à la Cour d’appel de Paris de statuer sur l’affaire.
À l’ouverture de l’audience ce mardi 13 janvier, Marine Le Pen a déjà laissé entrevoir un ajustement dans sa stratégie de défense. Présente à l’audience sans prononcer un mot, avec une expression concentrée, elle a écouté, entourée de ses dix coaccusés, la présidente du tribunal résumer les éléments du dossier pendant plus de trois heures, prenant occasionnellement des notes.
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Une défense collective
Lorsque chaque accusé a été invité à expliquer les raisons de leur appel, Marine Le Pen, s’exprimant en son nom propre tout en représentant le parti, a été la première à se lever. « Si un délit a été commis – car on a le sentiment que chacun s’accorde à le dire et je veux bien l’entendre – je veux que la Cour sache que nous n’avons eu aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit quand nous avons embauché et mutualisé nos assistants », a-t-elle commencé.
Elle a ensuite critiqué, d’un ton posé, le Parlement européen pour « ne pas avoir joué le rôle d’alerte qu’il aurait dû jouer », arguant qu’« il avait tous les éléments » et que « nous n’avons rien dissimulé », a-t-elle ajouté. Cette déclaration marque un changement dans la défense de Marine Le Pen, qui, jusqu’à présent, avait toujours nié avoir enfreint la loi et dénoncé des motivations politiques derrière les poursuites. Il apparaît maintenant qu’elle conteste moins la réalité des faits que l’intention de commettre un délit.
Ce qui demeure inchangé par rapport au premier procès, c’est l’unité de la défense. Tous les coaccusés, suivant son exemple, ont adopté une approche similaire, parfois quasiment mot pour mot. « Je n’ai jamais eu l’intention de commettre un délit », a par exemple affirmé l’ancien trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just. « À aucun moment de mon exercice parlementaire je n’ai eu le sentiment de me mettre en situation de commettre un délit », a quant à lui déclaré l’eurodéputé Nicolas Bay.