Adoptez ces réflexes simples pour réduire votre exposition au cadmium sans renoncer au chocolat !
Un rapport de l’Anses met en lumière l’ampleur de l’exposition des Français à ce métal dangereux. À un niveau individuel, plusieurs actions peuvent contribuer à réduire cette exposition.
Diversifier les produits et les filières alimentaires
Une récente étude de l’Anses, ayant déjà signalé la présence de cadmium dans des aliments pour enfants, du chocolat ainsi que dans de la vaisselle ancienne, insiste sur l’importance de cette problématique. Ce métal lourd est classé « cancérogène certain » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
Selon le dernier rapport, pour 2025, près de 50 % de la population française subirait des niveaux d’exposition au cadmium supérieurs aux valeurs sanitaires de référence. Ces données soulignent « une imprégnation au cadmium préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ». L’alimentation est principalement responsable, « représentant jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse », les fumeurs étant exposés à un risque supplémentaire par la cigarette.
L’agence de santé met en avant que l’exposition prolongée au cadmium, « même à faible dose par voie orale », notamment via l’alimentation, peut entraîner des dommages aux reins et à la structure osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose, particulièrement chez les femmes de plus de 65 ans.
Pour remédier à ces dangers, l’Anses invite à traiter le problème à sa source. Les aliments contaminés le sont souvent en raison de la présence de cadmium dans les sols agricoles, due à l’utilisation de matières fertilisantes, « en particulier des engrais minéraux phosphatés ». À l’échelle politique, le rapport propose d’« appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes ».
Suite à l’alerte de l’Anses, le gouvernement a annoncé son intention de réduire les limites, par le biais d’un décret et d’un arrêté qui devraient être publiés après l’avis attendu « d’ici avril », du Conseil d’Etat. La diminution sera progressive, bien en deçà des recommandations urgentes de l’Anses : la limite passerait de 90 mg par kg à 60 mg/kg d’ici 2027, puis à 40 mg/kg en 2030, et enfin à 20 mg/kg après une étude d’impact positive et « avant 2038 ».
Que faire pour réduire l’exposition au cadmium ?
Avant de céder à la panique dans les allées du supermarché, il est essentiel de rappeler une chose : comme l’ont déclaré Morgane Champion et Véronique Sirot, auteures d’une recherche de l’Anses sur l’exposition des Français aux substances chimiques dans leur alimentation, « il n’y a pas d’aliment à proscrire. Il convient de manger varié et équilibré », tout en veillant à éviter les carences. Sur cette base, l’Anses offre quelques conseils pratiques.
Le chocolat, reconnu pour son niveau de contamination, suscite de nombreuses préoccupations. Toutefois, Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise, a indiqué que celui-ci représente en réalité un « contributeur mineur » à notre exposition, étant « moins largement consommé » que d’autres aliments.

En ce qui concerne les produits céréaliers et à base de blé, qu’ils soient sucrés ou salés, ceux-ci sont à surveiller. Comme l’ont expliqué les chercheuses Morgane Champion et Véronique Sirot, « les céréales et en particulier le blé, sont particulièrement efficaces pour absorber les nutriments présents dans le sol, mais aussi les éléments traces métalliques ». Bien que cette capacité d’absorption ne les classe pas parmi les aliments les plus contaminés, leur large consommation fait qu’« ils contribuent de façon importante à notre exposition ». Par conséquent, il est conseillé de restreindre la consommation des céréales du petit-déjeuner, des gâteaux, des biscuits ou des viennoiseries, qui sont souvent faibles en valeur nutritionnelle, tout comme les chips.
Pour diversifier son alimentation et ne pas se limiter aux produits à base de blé comme les pâtes, l’agence encourage l’inclusion de légumineuses dans les repas : lentilles, pois chiches, haricots blancs et rouges… Ces aliments sont bénéfiques pour la santé et favorisent la satiété.
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Vérifier la provenance
Enfin, le rapport recommande de diversifier les produits ainsi que leur provenance. Consommer sans cesse le même aliment ou la même préparation peut accroître le risque de surexposition en cas de contamination.
En revanche, changer et « alterner les denrées provenant de différentes zones ou filières » contribue à minimiser une exposition répétée au cadmium. Fort heureusement, ces suggestions s’alignent avec les recommandations du Plan national nutrition santé (PNNS).