Éolien en mer : le géant français TotalEnergies se retire de deux projets danois

Le groupe pétrolier et gazier français a annoncé son retrait des parcs éoliens en mer de Lillebælt Syd et Jammerland Bugt, au Danemark, où il était actionnaire majoritaire depuis 2024. L’énergéticien danois SONFOR, qui reprend le contrôle du premier projet, doit désormais trouver un nouveau partenaire industriel.

Un retrait qui bouscule deux projets danois de taille moyenne

L’énergéticien danois SONFOR a annoncé le 21 août 2026 avoir repris la participation majoritaire dans Lillebælt Vind A/S, la société qui porte le projet de parc éolien en mer de Lillebælt Syd, situé dans le détroit du Petit Belt. Cette reprise fait suite à la décision de TotalEnergies de se retirer du développement, dans lequel le groupe français était jusqu’alors l’actionnaire majoritaire.

Le projet Lillebælt Syd prévoit l’installation de onze turbines de 15 MW chacune, pour une puissance totale de 165 MW et une production annuelle attendue d’environ 650 GWh. Il a déjà franchi plusieurs étapes réglementaires importantes : ses études environnementales sont achevées, il dispose d’un permis d’établissement et d’un accord de raccordement au réseau électrique.

détroit du Petit Belt Danemark

Selon des informations reprises par la presse danoise, TotalEnergies se retire également du projet voisin de Jammerland Bugt, où l’actionnaire minoritaire est, comme pour Lillebælt Syd, l’énergéticien European Energy. Ce dernier restera actionnaire minoritaire du projet de Lillebælt Syd aux côtés de SONFOR.

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Un marché de l’éolien offshore devenu plus difficile

Le président du conseil d’administration de SONFOR, Kjeld Stærk, a réagi au retrait du groupe français dans une déclaration traduite du danois : « Nous avons pris note de la volonté de TotalEnergies de se concentrer sur d’autres projets de son portefeuille mondial. Cela ne change rien à notre position : le parc éolien de Lillebælt Syd reste important, tant en matière de sécurité d’approvisionnement que dans un contexte local » (propos traduits).

Kjeld Stærk a ajouté, toujours selon la même déclaration traduite : « Nous disposons d’un projet clé en main qui répond directement à des enjeux importants de sécurité d’approvisionnement et de développement local dans la région de Sønderborg. Nous sommes en pleine électrification rapide de la société, et notre réseau électrique est déjà mis sous tension par des entreprises qui ne parviennent pas à couvrir leurs besoins » (propos traduits).

SONFOR reconnaît toutefois que les conditions de marché de l’éolien en mer ont significativement changé depuis le lancement du projet en 2011, initialement porté par la municipalité de Sønderborg avant d’être repris par SONFOR en 2020. Les mois à venir serviront donc à la fois à identifier un nouveau partenaire et à réévaluer le modèle économique du projet.

Élément Donnée
Puissance du parc Lillebælt Syd 165 MW (onze turbines de 15 MW)
Production annuelle attendue Environ 650 GWh
Mise en service prévue 2029-2030
Actionnaire entrant majoritaire SONFOR (Danemark)
Actionnaire minoritaire maintenu European Energy (depuis 2022)
Échéance pour trouver un nouveau partenaire Fin juin 2027 au plus tard

Une clarification attendue d’ici la mi-2027

L’opération de reprise de participation par SONFOR doit encore être validée par une assemblée générale des actionnaires. Une fois cette étape franchie, un processus de clarification portant à la fois sur le choix d’un nouveau partenaire industriel et sur les bases économiques du projet doit s’engager, avec pour horizon la fin du mois de juin 2027.

Ce retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de recomposition chez les grands acteurs de l’éolien en mer en Europe et dans le monde, dans un contexte de hausse des coûts de construction et de révision à la baisse de plusieurs projets par différents opérateurs ces derniers mois. Pour TotalEnergies, qui reste engagé sur d’autres projets éoliens en mer, notamment en France, ce désengagement danois illustre un arbitrage de portefeuille assumé plutôt qu’un retrait généralisé du secteur.

Pour SONFOR et pour la région de Sønderborg, l’enjeu des prochains mois sera de démontrer que le projet Lillebælt Syd reste viable économiquement, malgré le changement de contexte de marché reconnu par l’énergéticien danois lui-même.

Sources