26 milles nautiques : la Marine engage un chasseur de mines pour localiser l’épave du Maranello

Trois jours après le naufrage du chalutier Maranello, qui a coûté la vie à deux pêcheurs bretons toujours portés disparus, la Marine nationale a engagé un chasseur de mines pour tenter de relocaliser l’épave au large de Plymouth.

Un appel de détresse suivi d’un naufrage rapide

Le drame s’est noué samedi soir au large du port anglais de Plymouth, à une cinquantaine de kilomètres des côtes britanniques. Le chalutier Maranello, immatriculé à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), avait lancé un appel de détresse en invoquant des problèmes avec ses engins de pêche. Un autre chalutier, le Stradale, qui naviguait à proximité, est parvenu à récupérer trois des cinq membres d’équipage avant que le Maranello ne coule.

chasseur de mines tripartite de la Marine nationale en mer

Deux marins restent portés disparus : le capitaine Christophe Houart et le maître d’équipage Jean-Pierre Le Caër. Un important dispositif de recherches avait été déployé dès samedi par les autorités britanniques, avec la participation de plusieurs navires de pêche français présents dans la zone et d’un bâtiment de la Marine nationale. Ces recherches, destinées à retrouver les deux hommes, ont été interrompues lundi matin. Les trois marins rescapés sont, eux, rentrés en Bretagne dès dimanche.

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Un chasseur de mines tripartite dépêché depuis Brest

Mardi matin, un chasseur de mines tripartite (CMT) de la Marine nationale a appareillé de Brest pour rejoindre la zone du naufrage, située à 26 milles nautiques (48 km) au sud-ouest de Plymouth. Il ne s’agit plus d’une opération de recherche de personnes, mais d’une mission de localisation de l’épave, confiée à un bâtiment habituellement affecté à la détection et à la neutralisation des mines sous-marines.

Selon un communiqué de la préfecture maritime de l’Atlantique, cité par plusieurs médias, « sa mission consistera à relocaliser précisément l’épave, qui a pu dériver sous l’effet des courants lors de sa descente vers le fond ». La préfecture maritime précise que « cette localisation permettra ensuite d’étudier les conditions et la faisabilité d’une éventuelle opération de plongée sur l’épave », sans donner de calendrier pour cette suite éventuelle.

Un chasseur de mines tripartite n’est, en temps normal, pas destiné à ce type de mission. Ces bâtiments de la Marine nationale sont conçus pour détecter et neutraliser des engins explosifs immergés, grâce à des sonars capables de cartographier finement les fonds marins. Ce sont précisément ces capacités de détection sous-marine, habituellement mobilisées contre des mines, qui sont ici utilisées pour retrouver la position exacte de l’épave d’un chalutier de pêche, un usage qui illustre la polyvalence de ces moyens au sein de la façade Atlantique.

Une double enquête et une visite ministérielle annoncée

Le parquet de Saint-Brieuc a confirmé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la disparition des deux marins, confiée à la section de recherches de la gendarmerie maritime, basée à Brest. En parallèle de cette enquête judiciaire, une enquête de sécurité a été ouverte par le Bureau enquêtes et accidents (BEA), l’organisme chargé d’établir les circonstances techniques des accidents maritimes.

Sur le plan politique, la ministre de la Mer et de la Pêche doit se rendre prochainement en Bretagne à la suite du naufrage, sans que la date de ce déplacement ait pour l’instant été précisée. Le drame a suscité une vive émotion dans la filière pêche bretonne, notamment parmi les jeunes marins du Guilvinec, qui ont fait part de leur inquiétude dans la presse régionale.

Ce naufrage rappelle la vulnérabilité des équipages de la pêche artisanale bretonne, confrontés à des conditions de navigation parfois difficiles au large des côtes anglaises. Plus tôt cette année, un autre drame avait déjà endeuillé la filière dans le secteur de Saint-Quay-Portrieux, où un naufrage en baie de Saint-Brieuc avait coûté la vie à un patron pêcheur de 27 ans, deux autres marins ayant été blessés. Ces incidents successifs alimentent les interrogations sur la sécurité des chalutiers côtiers, un sujet qui devrait figurer parmi les points abordés lors du déplacement annoncé de la ministre de la Mer.

Dans les prochains jours, l’enjeu sera de savoir si le chasseur de mines parvient à relocaliser précisément l’épave du Maranello, une étape préalable à toute décision sur une éventuelle opération de plongée. Les conclusions de l’enquête de sécurité du BEA, comme celles de la gendarmerie maritime, ne sont pas attendues avant plusieurs semaines, le temps que les enquêteurs puissent exploiter les éléments matériels et les témoignages des trois rescapés.